L’affaire visant le défunt homme d’affaires égyptien, Mohamed Al-Fayed décédé le 30 août 2023 à Londres, connaît un nouveau rebondissement judiciaire au Royaume-Uni, où quatre femmes accusant l’ancien propriétaire du grand magasin Harrods, de violences sexuelles, ont été officiellement reconnues comme victimes de traite d’êtres humains par les autorités britanniques, a annoncé lundi l’association «No One Above», qui les représente.
Décédé en 2023 sans avoir été poursuivi par la justice, Mohamed Al-Fayed fait l’objet, depuis la diffusion d’un documentaire de la BBC en septembre 2024, de graves accusations de viols, d’agressions sexuelles et d’exploitation à des fins sexuelles. Des dizaines de femmes, pour la plupart d’anciennes employées de Harrods à Londres ou de propriétés lui appartenant, notamment le Ritz à Paris, affirment avoir été victimes des agissements du défunt magnat égyptien.
Les quatre plaignantes, connues sous les pseudonymes d’Isabella, Justine, Elizabeth et Margo, ont indiqué avoir obtenu entre mai et juillet 2026, la reconnaissance officielle de leur statut de victimes de traite d’êtres humains par le ministère britannique de l’Intérieur. Leurs dossiers avaient été transmis aux autorités par l’association «Unseen UK», spécialisée dans l’accompagnement des victimes d’esclavage moderne.
Les faits dénoncés remontent à la période comprise entre les années 1990 et 2010, au Royaume-Uni comme à l’étranger. Isabella, qui travaillait chez Harrods en 2001, estime que les abus présumés ont été rendus possibles par un système ayant facilité le recrutement et réduit les victimes au silence.
Cette reconnaissance s’ajoute au cas de Rachael Louw, ancienne employée de Harrods, dont la BBC avait révélé en avril qu’elle avait également été reconnue victime de traite d’êtres humains par le Home Office.
Selon les autorités britanniques, 157 personnes se sont manifestées auprès de la police pour dénoncer des viols, des agressions sexuelles ou des faits d’exploitation sexuelle imputés à Mohamed Al-Fayed. Plusieurs anciennes salariées réclament également une indemnisation dans le cadre du dispositif mis en place par Harrods après ces révélations.
Parallèlement, la police britannique poursuit ses investigations et a interrogé six personnes soupçonnées d’avoir facilité les agissements de l’ancien magnat, notamment dans le cadre d’une enquête portant sur la traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle.
Aucune arrestation n’a toutefois été annoncée à ce stade, tandis que des victimes dénoncent un manque d’attention accordé à cet aspect du dossier par les autorités britanniques. Une enquête distincte est également menée en France par l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH).

