L’Afrique recense 13,1 millions de travailleurs migrants, un niveau inédit selon l’Union africaine

Le nombre de travailleurs migrants en Afrique a progressé de manière significative au cours des seize dernières années, passant de 9,3 millions en 2010 à 13,1 millions en 2026, selon le quatrième Rapport sur les statistiques de la migration de main-d’œuvre en Afrique, présenté le 31 juillet à Windhoek, en Namibie. 

Ce document met en évidence l’intensification de la mobilité professionnelle sur le continent, tout en soulignant les défis persistants en matière d’emploi, de protection sociale et de gouvernance des migrations.

Présenté à l’occasion de la sixième session ordinaire du Comité technique spécialisé de l’Union africaine (UA) sur le développement social, le travail et l’emploi, le rapport indique que les travailleurs migrants représentent désormais une proportion importante des 26 millions de migrants internationaux recensés en Afrique. Parmi eux, 20,4 millions sont en âge de travailler et près de 64 % participent activement au marché du travail, illustrant le poids croissant de la migration de main-d’œuvre dans les économies africaines.

L’étude met également en évidence des disparités entre les sexes. Les hommes constituent 63 % des travailleurs migrants, contre 37 % pour les femmes, un déséquilibre qui reflète les inégalités persistantes dans l’accès à la mobilité professionnelle et aux opportunités d’emploi.

Sur le plan régional, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est concentrent à elles seules 48 % des migrants internationaux présents sur le continent. Avec l’Afrique australe, ces trois régions accueillent près de 78 % des travailleurs migrants, confirmant leur rôle central dans les dynamiques migratoires africaines.

Le rapport souligne par ailleurs l’importance économique croissante des transferts de fonds des migrants vers leurs pays d’origine. Le montant de ces transferts est passé de 64,8 milliards de dollars en 2013 à 97,5 milliards de dollars, l’Afrique du Nord captant 45 % de ces flux, devant l’Afrique de l’Ouest avec 34 %.

Lors de la présentation du Rapport en question, la commissaire de l’Union africaine à la Santé, aux Affaires humanitaires et au Développement social, Amma Twum-Amoah a insisté sur la nécessité de disposer de statistiques fiables et comparables afin d’éclairer les politiques publiques en la matière. 

Le rapport plaide ainsi pour un renforcement des mécanismes de collecte des données, condition essentielle à une meilleure protection des travailleurs migrants et à la promotion d’une mobilité de la main-d’œuvre sûre, ordonnée et régulière sur l’ensemble du continent.