L’administration du président américain Donald Trump a décidé de révoquer le visa de l’ambassadrice du Brésil aux États-Unis, Maria Luiza Ribeiro Viotti, dans un contexte de vives tensions diplomatiques entre Washington et Brasilia.
La décision fait suite au refus des autorités brésiliennes d’accorder des visas à deux diplomates américains ainsi qu’au retard dans l’octroi de l’agrément au candidat désigné par les États-Unis au poste d’ambassadeur au Brésil.
Un porte-parole du département d’État américain qui s’est exprimé sous couvert de l’anonymat, a indiqué que cette mesure relève du principe de réciprocité diplomatique, précisant que si l’ambassadrice brésilienne quittait le territoire américain, elle serait contrainte de déposer une nouvelle demande de visa pour revenir aux Etats-Unis.
Le responsable américain a indiqué que Washington avait multiplié les échanges avec le gouvernement brésilien au cours des dernières semaines afin de résoudre ce différend. Il a toutefois accusé Brasilia d’avoir prolongé les délais de décision et entretenu une incertitude autour de la procédure d’agrément, indispensable à la prise de fonctions d’un ambassadeur étranger.
Le département d’État a néanmoins souligné que cette décision ne constituait pas une déclaration de persona non grata à l’encontre de la diplomate brésilienne. Le porte-parole a toutefois averti que d’autres mesures diplomatiques pourraient être envisagées si le Brésil persistait à retarder ou à refuser l’approbation l’accréditation du nouvel ambassadeur américain.
Ce nouvel épisode intervient après le refus, le mois dernier, des autorités brésiliennes de délivrer des visas au secrétaire d’État adjoint chargé de la démocratie, des droits humains et du travail, Riley Barnes, ainsi qu’au sous-secrétaire d’État adjoint, Samuel Samson. Brasilia craignait que leur déplacement ne constitue une tentative d’influence sur l’élection présidentielle prévue le 4 octobre.
Washington rejette catégoriquement cette accusation, affirmant que la visite devait porter sur l’intégrité électorale, la liberté religieuse et la liberté d’expression.
Cette montée des tensions entre Washington et Brasilia intervient alors que le président sortant, Luiz Inacio Lula da Silva devrait affronter lors du prochain scrutin présidentiel, le sénateur, Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien chef de l’État, Jair Bolsonaro, qui vraisemblablement bénéficie de l’appui de l’Administration Trump. Les autorités brésiliennes n’avaient pas officiellement réagi à la décision américaine au moment de la publication de ces informations.

