Jusqu’à 520 millions de personnes pourraient souffrir de la faim en 2030, selon la FAO

Le nombre de personnes confrontées à la faim dans le monde pourrait atteindre entre 510 et 520 millions à l’horizon 2030, contre une projection initiale de 503 millions, sous l’effet notamment des répercussions de la crise au Moyen-Orient, a indiqué Oleg Kobiakov, directeur du Bureau de liaison de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avec la Fédération de Russie.

Cité par l’agence de presse russe RIA Novosti, le responsable onusien a expliqué que les conséquences du conflit au Moyen-Orient étaient susceptibles de modifier les perspectives mondiales en matière de sécurité alimentaire. Selon lui, l’estimation pourrait ainsi être portée entre 510 et 520 millions de personnes encore confrontées à la faim en 2030.

Cette nouvelle projection ne prend toutefois pas en considération d’autres facteurs susceptibles d’aggraver la situation, notamment les phénomènes météorologiques extrêmes. Les sécheresses, les inondations ou encore d’autres événements climatiques pourraient en effet affecter les rendements agricoles et accentuer les vulnérabilités alimentaires dans plusieurs régions du monde.

Oleg Kobiakov a également mis en garde contre les répercussions indirectes de la crise au Moyen-Orient sur les économies et les systèmes agricoles. Une hausse durable des prix de l’énergie et des engrais pourrait notamment entraîner une augmentation des coûts de production agricole, avec des conséquences sur les prix des denrées alimentaires et l’accès aux produits de base.

Les tensions régionales ont par ailleurs perturbé le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport mondial de pétrole, de produits pétroliers et de gaz naturel liquéfié. Toute perturbation prolongée sur cet axe est susceptible d’affecter les marchés énergétiques et, par ricochet, les chaînes de production et d’approvisionnement agricoles.

La hausse des prix des carburants observée dans plusieurs pays contribue ainsi à renforcer les incertitudes entourant les perspectives économiques et alimentaires mondiales. Ces évolutions soulignent l’interdépendance croissante entre stabilité géopolitique, marchés énergétiques et sécurité alimentaire.