L’Allemagne envisage un rétablissement progressif de la conscription

L’Allemagne fut le dernier pays d’Europe à suspendre la conscription, en 2011 et treize ans plus tard, la question de son rétablissement est de retour au premier plan. 

À Berlin comme dans plusieurs capitales européennes, la guerre en Ukraine a ravivé les débats sur la défense et la préparation militaire. Le gouvernement allemand du chancelier conservateur, Friedrich Merz de la CDU (Union chrétienne-démocrate) devrait présenter ce mercredi 27 août, lors de son conseil des ministres de rentrée, un texte devant permettre une réintroduction progressive du service militaire. Pour marquer l’importance de ce dossier, la réunion a été exceptionnellement délocalisée au ministère de la défense, une première depuis plus de trois décennies.

La conscription n’a jamais été formellement abolie en Allemagne. En 2011, sous l’ancienne chancelière, Angela Merkel, son application avait simplement été suspendue, à la faveur d’un contexte budgétaire contraignant et d’une perception apaisée des menaces extérieures. 

La Bundeswehr (l’armée allemande) devait alors se professionnaliser et réduire ses effectifs, passant de près de 500.000 hommes au plus fort de la guerre froide à environ 250.000 hommes. Depuis cette réduction drastique, les effectifs ont chuté à quelque 183.000 militaires.

La guerre en Ukraine a bouleversé cet équilibre. Alors que la Russie multiplie les démonstrations de force, l’Allemagne cherche à renforcer sa capacité de dissuasion et à répondre aux attentes de ses alliés au sein de l’OTAN. 

Le projet de loi préparé par le ministre de la défense, Boris Pistorius (SPD), doit instaurer un modèle « volontaire obligatoire » : un service imposé aux jeunes hommes, mais ouvert sur la base du volontariat aux jeunes femmes.

La mesure divise. Markus Söder (CSU), ministre-président bavarois, réclame une réintroduction « rapide et complète », jugeant qu’un tel dispositif est indispensable pour « défendre efficacement les frontières du pays et de l’OTAN». 

A l’inverse, Die Linke et une partie des sociaux-démocrates rejettent toute idée de retour en arrière, invoquant l’héritage du mouvement d’objection de conscience.