La Russie et l’Ukraine ont annoncé jeudi, un nouvel échange de corps de soldats tombés sur le champ de bataille, illustrant la poursuite de mécanismes humanitaires entre les deux belligérants malgré l’enlisement du conflit, a annoncé Vladimir Medinsky, chef de la délégation russe aux négociations avec Kiev.
Dans un message diffusé sur Telegram, Vladimir Medinsky a indiqué que «l’Ukraine a reçu les corps de 1.000 soldats ukrainiens», tandis que «la Russie a récupéré les dépouilles de 35 combattants russes». Cet échange asymétrique s’inscrit dans une série d’opérations similaires menées depuis le début de l’offensive russe en février 2022.
Le précédent échange de dépouilles remonte au 29 janvier. À cette date, Moscou avait remis 1.000 corps de militaires ukrainiens et récupéré en retour, les dépouilles de 38 soldats russes. Ces opérations, hautement sensibles sur le plan politique et émotionnel, visent à permettre aux familles d’organiser des funérailles et d’obtenir une reconnaissance officielle du sort de leurs proches.
Selon Vladimir Medinsky, ces échanges ont lieu dans le cadre des accords conclus à Istanbul en 2025, qui encadrent certains aspects humanitaires du conflit, en dépit de l’absence de règlement politique global. Si les négociations de paix restent au point mort, ces dispositifs techniques constituent l’un des rares canaux de coopération encore actifs entre Moscou et Kiev.
Parallèlement aux échanges de dépouilles, les deux pays ont également procédé à plusieurs échanges de prisonniers de guerre. Ces opérations ont été rendues possibles grâce à des médiations internationales, notamment celles des Émirats arabes unis et des États-Unis, qui ont joué un rôle clé dans la facilitation des discussions autour de cette question.
La commissaire russe aux droits humains, Tatiana Moskalkova, a affirmé que plus de 1.800 militaires russes ont été rapatriés du lieu de leur captivité en Ukraine en 2025. Ces chiffres, difficiles à vérifier de manière indépendante, témoignent néanmoins de l’ampleur des pertes humaines et du coût durable d’un conflit qui continue de marquer profondément les deux sociétés.

