Cuba gracie 2.010 détenus à l’occasion des célébrations de la Semaine sainte

Le gouvernement cubain a annoncé le jeudi 2 avril, la grâce de 2.010 détenus à l’occasion des célébrations de la Semaine sainte, dans ce qu’il qualifie de «geste humanitaire et souverain». 

Cette décision intervient dans un contexte diplomatique sensible, marqué par des pressions américaines accrues sur le pouvoir en place à la Havane et des échanges indirects facilités par le Vatican.

Selon un communiqué officiel diffusé par la télévision nationale, les bénéficiaires de cette mesure ont purgé « une partie importante de leur peine » et fait preuve d’un comportement jugé exemplaire en détention. Les autorités n’ont toutefois pas communiqué la liste des détenus graciés ni les motifs précis de leur incarcération.

Le texte précise que cette grâce concerne des profils variés, incluant des jeunes, des femmes, des personnes âgées de plus de 60 ans, ainsi que des étrangers et des citoyens cubains résidant à l’étranger. 

En revanche, certaines catégories ont été exclues, notamment les récidivistes et les personnes condamnées pour des crimes graves tels que les violences sexuelles, les homicides, le trafic de drogue ou encore les délits contre l’autorité.

Il s’agit de la cinquième opération de ce type depuis 2011, portant à plus de 11.000 le nombre total de détenus graciés sur cette période, selon les autorités cubaines. 

Pour des observateurs, cette initiative s’inscrit dans une tradition politique liée aux grandes fêtes religieuses et à l’approche de Pâques par le passé.

Cette annonce intervient alors que Cuba traverse une crise économique et énergétique persistante. Depuis janvier, les États-Unis, sous l’impulsion du président Donald Trump, ont renforcé la pression sur l’île en instaurant un blocus pétrolier de facto. Pour certains analystes, ces évolutions pourraient traduire une dynamique de dialogue naissante entre Washington et la Havane.

Dans ce contexte, La Havane a confirmé l’ouverture de discussions avec Washington à la mi-mars. Parallèlement, la Russie a repris ses livraisons de pétrole, avec l’arrivée récente d’un premier pétrolier au port de Matanzas, suivie de l’annonce d’un second envoi.