Le président russe, Vladimir Poutine a affirmé lors d’une rencontre au Kremlin avec le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, qu’une éventuelle adhésion de l’Arménie à l’Union européenne, était « tout simplement impossible », invoquant des incompatibilités structurelles entre les blocs économiques auxquels Erevan, la capitale arménienne est liée.
Selon le dirigeant russe, l’appartenance simultanée à deux unions douanières distinctes, l’Union européenne et l’Union économique eurasiatique, est exclue «par définition».
L’Arménie est en effet membre depuis 2015 de l’Union économique eurasiatique, une organisation dominée par Moscou qui inclut également la Biélorussie, le Kazakhstan et le Kirghizistan, et qui garantit la libre circulation des biens, des capitaux et de la main-d’œuvre dans cet espace communautaire.
Cependant, les relations entre Erevan et Moscou se sont progressivement tendues ces dernières années. Les autorités arméniennes reprochent à la Russie un soutien jugé insuffisant face à l’Azerbaïdjan, notamment lors des conflits au Haut-Karabakh en 2020 et 2023. Dans la foulée, l’Arménie a signé en 2024 un accord de paix sous médiation américaine, mettant fin à plusieurs décennies d’hostilités avec Bakou.
Dans ce contexte, le gouvernement de Nikol Pachinian a initié un rapprochement progressif avec les États-Unis et l’Union européenne et il a notamment suspendu sa participation à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une alliance militaire pilotée par Moscou, et son Parlement a adopté au printemps 2025, une loi ouvrant la voie à des négociations avec l’UE d’un accord d’adhésion.
Conscient des contraintes géopolitiques, Pachinian a néanmoins souligné que son pays cherchait à maintenir un équilibre entre les deux blocs, affirmant que les liens avec la Russie demeurent « étroits et importants », tout en développant une coopération accrue avec l’Europe.
De son côté, Vladimir Poutine a exprimé le souhait de voir des forces politiques prorusses participer activement aux élections législatives prévues en juin en Arménie, illustrant ainsi l’importance stratégique que Moscou continue d’accorder à son influence dans le Caucase.
