Une page majeure de la vie politique en Hongrie se tourne avec la défaite du Premier ministre, Viktor Orban au pouvoir depuis seize ans. Selon des résultats officiels portant sur 97 % des bureaux de vote, le parti Tisza, dirigé par Peter Magyar, a remporté une majorité des deux tiers au Parlement, soit 138 sièges sur 199, contre seulement 55 pour le Fidesz.
Devant des dizaines de milliers de partisans réunis à Budapest, Peter Magyar a salué une victoire historique, affirmant avoir « fait tomber le régime Orban » et « libéré la Hongrie ».
De son côté, Viktor Orban a reconnu une défaite «douloureuse mais claire», promettant de servir désormais le pays depuis l’opposition. Le chef du gouvernement sortant a également félicité son adversaire lors d’un échange téléphonique.
La victoire du camp pro-européen a suscité de nombreuses réactions à l’international. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué « le choix de l’Europe » fait par les Hongrois et le président français Emmanuel Macron a évoqué une « victoire de la démocratie » et de l’attachement aux valeurs européennes.
Ce scrutin revêt une importance particulière dans le contexte de la guerre en Ukraine, en raison des relations étroites entretenues par Viktor Orban avec la Russie. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a ainsi lancé un message symbolique : « Les Russes, rentrez chez vous ». À l’inverse, Jordan Bardella a rendu hommage au bilan du dirigeant sortant.
À Kiev, le président Volodymyr Zelensky a félicité Peter Magyar pour sa « victoire éclatante », se disant prêt à renforcer la coopération. Son ministre des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, a salué un désaveu des politiques jugées hostiles à l’Ukraine.
Dans la foulée, Kiev a levé ses recommandations déconseillant les voyages en Hongrie, estimant que les risques de tensions avaient diminué. Cette alternance politique pourrait ainsi redéfinir la position de Budapest sur la scène européenne et internationale.

