Les Philippines accusent la Chine d’avoir empoisonné des eaux disputées

Les Philippines ont accusé lundi des pêcheurs chinois d’avoir déversé du cyanure dans les eaux contestées des îles Spratleys, en mer de Chine méridionale, ravivant les tensions avec Pékin dans une région stratégique marquée par des affrontements récurrents.

Selon le Conseil national de sécurité philippin, ces actes présumés auraient débuté l’année dernière autour du banc Second Thomas, un atoll clé de cet archipel disputé. 

Lors d’une conférence de presse, Cornelio Valencia, directeur général adjoint de l’institution, a dénoncé « un acte de sabotage » visant à détruire les ressources halieutiques locales. Une telle pratique priverait les forces philippines stationnées sur place d’une source essentielle d’approvisionnement alimentaire.

Au-delà des conséquences économiques, les autorités de Manille s’inquiètent également des risques sanitaires estimant que l’exposition à des eaux contaminées et la consommation de poissons empoisonnés pourraient représenter une menace directe pour les militaires déployés dans la zone. Toutefois, Roy Vincent Trinidad a précisé qu’aucun cas d’empoisonnement n’avait été signalé à ce stade.

Les relations entre Manille et Pékin demeurent particulièrement tendues dans cette zone stratégique, revendiquée en grande partie par la Chine sur la base d’arguments historiques, malgré les conclusions d’une juridiction internationale rejetant ces prétentions. En juin 2024, un incident violent avait déjà illustré cette rivalité, lorsqu’un marin philippin avait été grièvement blessé lors d’une opération de ravitaillement.

Pékin a fermement rejeté ces nouvelles accusations. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, les a qualifiées de « farce », les jugeant « totalement invraisemblables ». Il a en retour accusé les Philippines de harceler des pêcheurs chinois opérant, selon lui, dans le cadre d’activités légales.

Malgré ces démentis, Manille affirme avoir saisi plusieurs bouteilles de cyanure au cours de l’année 2025 et évoque des preuves supplémentaires issues d’analyses récentes. Les autorités philippines prévoient de transmettre un rapport détaillé à leur ministère des Affaires étrangères en vue d’une possible protestation diplomatique, tout en renforçant leur présence militaire et leurs patrouilles dans la zone contestée.