L’UE plaide pour un processus palestinien pour stabiliser le Moyen-Orient

La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas a appelé mardi à l’émergence d’un processus politique «porté et dirigé par les Palestiniens», condition qu’elle juge essentielle pour instaurer une stabilité durable au Moyen-Orient.

S’exprimant en amont d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Luxembourg, la responsable européenne a souligné l’importance des récentes initiatives diplomatiques internationales, évoquant notamment les travaux de l’Alliance mondiale pour la solution à deux États et du Comité spécial de liaison, qui traduisent, selon elle, un soutien accru à la gouvernance palestinienne.

«Plus de 60 pays étaient présents pour soutenir la Palestine. Nous sommes les principaux soutiens de la Palestine, et il est essentiel qu’un processus dirigé par les Palestiniens soit mis en place pour assurer la stabilité dans la région», a-t-elle insisté.

Cette réunion ministérielle intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué à la fois par la poursuite de la guerre en Ukraine et par une dégradation de la situation au Moyen-Orient. 

Les discussions doivent également porter sur les attaques d’Israël contre le Liban, dont le Premier ministre est attendu pour informer les États membres sur l’évolution des négociations avec Tel-Aviv pour un cessez-le-feu ainsi que sur la situation politique et économique interne au Liban.

Kaja Kallas a par ailleurs, exprimé ses inquiétudes concernant l’avenir de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, dont le mandat doit expirer dans le courant de cette année, appelant à une vigilance accrue quant à son renouvellement.

Concernant l’Iran, la responsable européenne a jugé le cessez-le-feu actuel de « très fragile », insistant sur la nécessité de privilégier la voie diplomatique afin d’éviter une nouvelle escalade militaire. Elle a exprimé l’espoir que cette trêve puisse être prolongée jusqu’à l’obtention d’un accord politique.

Enfin, cette rencontre se tient alors que plusieurs États membres, dont l’Espagne, la Slovénie et l’Irlande, plaident pour une position plus ferme à l’égard d’Israël, évoquant notamment la possibilité de suspendre partiellement l’accord d’association avec l’UE en raison de la dégradation de la situation humanitaire dans les territoires palestiniens et particulièrement dans la bande de Gaza.