Washington s’inquiète de l’acquisition par La Havane de 300 drones auprès de la Russie et de l’Iran

Les tensions entre les États-Unis et Cuba connaissent une nouvelle escalade après des révélations publiées par le média américain Axios concernant un important renforcement militaire de l’île avec l’acquisition par La Havane depuis 2023, d’au moins 300 drones militaires auprès de la Russie et de l’Iran. Ces équipements seraient stockés dans plusieurs zones stratégiques cubaines.

Toujours selon Axios, les autorités cubaines auraient élaboré des scénarios de riposte visant notamment la base navale américaine de Guantanamo, des bâtiments militaires américains ainsi que la base aéronavale de Key West, située en Floride à seulement 145 kilomètres de Cuba. Des conseillers militaires iraniens seraient également présents à La Havane afin d’accompagner le développement des capacités défensives cubaines.

Un haut responsable américain cité par Axios, a qualifié sous couvert de l’anonymat, cette évolution de «menace croissante», tout en précisant que les services de renseignement américains ne considèrent pas Cuba comme une menace imminente qui serait en train de préparer activement une attaque contre les États-Unis. Le même responsable a toutefois ironisé sur l’état de l’aviation cubaine, affirmant ignorer si l’île disposait «d’un seul appareil capable de voler».

Ces révélations interviennent dans un contexte de forte dégradation des relations bilatérales entre Washington et La Havane. Le président américain, Donald Trump a récemment multiplié les déclarations hostiles à l’égard de Cuba qu’il a qualifiée de «menace extraordinaire» pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Washington a renforcé depuis janvier dernier, son blocus pétrolier contre l’île, en plus de l’embargo qui lui est imposé depuis 1962.

Le directeur de la Central Intelligence Agency, John Ratcliffe, s’est rendu à La Havane le 14 mai dernier, pour des discussions exceptionnelles avec les autorités cubaines. Selon Axios, il aurait averti ses interlocuteurs que Cuba ne pouvait plus servir de plateforme aux adversaires des États-Unis dans l’hémisphère occidental.

Pour leur part, les autorités cubaines dénoncent une campagne de désinformation destinée à préparer l’opinion à une éventuelle intervention militaire américaine. Le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio a affirmé que son pays ne faisait qu’exercer son droit à la légitime défense face aux pressions de Washington.