L’UE et le Mexique relancent leur coopération commerciale

Plus de dix ans après leur précédent sommet, le Mexique et l’Union européenne (UE) tiennent leur huitième sommet ce vendredi 22 mai à Mexico, dans un contexte international marqué par la multiplication des tensions commerciales et la montée des incertitudes géopolitiques. 

Cette rencontre intervient après une année 2025 dominée par les guerres commerciales successives, poussant les deux partenaires à accélérer leur rapprochement économique afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des États-Unis, leur principal partenaire commercial respectif.

À l’issue des discussions, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, Antonio Costa, et la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum devraient signer un accord commercial intérimaire destiné à moderniser les dispositifs existants entre les deux parties. 

Ce texte prévoit notamment la suppression de la majorité des droits de douane, ainsi qu’un renforcement de la protection des produits régionaux européens et mexicains.

Les échanges commerciaux entre le Mexique et les pays de l’Union européenne dépassent déjà les 86 milliards d’euros en biens et services en 2025, illustrant l’importance stratégique croissante de cette relation transatlantique. Pour Bruxelles, cet accord représente également une opportunité majeure de sécuriser et diversifier ses approvisionnements en minéraux critiques, devenus essentiels pour les industries technologiques et énergétiques européennes.

Les négociations visant à moderniser le cadre commercial entre les deux parties avaient débuté dès mai 2016. Un accord de principe sur les aspects commerciaux avait été scellé en 2018, sans toutefois être ratifié jusqu’à présent. 

La Commission européenne estime que cette nouvelle version permettra de consolider des relations économiques déjà « florissantes » entre l’UE et le pays latino-américain et de lever les barrières tarifaires qui pénalisaient encore certaines exportations européennes, notamment dans les secteurs alimentaire et agricole.

L’accord devra néanmoins être validé par le Parlement européen avant son entrée en vigueur. Toutefois, contrairement au dossier sensible du Mercosur, le faible volume des exportations agricoles mexicaines vers l’Europe devrait limiter les oppositions politiques au sein de l’Union. Le Mexique demeure aujourd’hui le deuxième partenaire commercial de l’UE en Amérique latine, derrière le Brésil.