Faible mobilisation des électeurs algériens pour les législatives, selon les premiers chiffres officiels

Les élections législatives organisées ce jeudi 2 juillet en Algérie, ont été marquées par une faible mobilisation des électeurs. Selon un décompte provisoire communiqué par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), le taux de participation s’établit à 20,79 %, un niveau qui constituerait un record historique d’abstention s’il est confirmé après la consolidation des résultats.

Le président par intérim de l’Anie, Karim Khelfane a toutefois insisté sur le caractère provisoire de ces chiffres, précisant qu’ils étaient susceptibles d’évoluer à mesure de la remontée de la collecte des procès-verbaux. Afin d’encourager la participation au vote, les autorités ont prolongé le scrutin d’une heure sur l’ensemble du territoire national.

Près de 25 millions d’électeurs étaient appelés ce jeudi aux urnes pour renouveler les 407 sièges de l’Assemblée populaire nationale (APN) pour un nouveau mandat de cinq ans. Les partis soutenant le pouvoir, au premier rang desquels le Front de libération nationale (FLN), sont donnés favoris pour conserver leur domination au sein de la future chambre basse.

Dans plusieurs bureaux de vote, notamment au centre de la capitale Alger, l’affluence est restée très limitée tout au long de la journée. « Nous sommes venus accomplir notre devoir, en espérant quelque chose de positif », a déclaré un électeur de 74 ans interrogé sur place.

Le scrutin s’est également déroulé dans un climat de polémique après l’invalidation d’environ un tiers des listes de candidats. Plusieurs formations politiques ont dénoncé leur exclusion de certaines circonscriptions, notamment dans la capitale.

Malgré ce faible taux de participation, le président Abdelmadjid Tebboune a quand même affirmé que les opérations électorales se déroulaient dans de bonnes conditions, tandis que le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud a appelé les citoyens à se rendre massivement aux urnes sans commenter les premiers chiffres du taux de participation.

Les dernières élections législatives, organisées en 2021 dans le sillage du mouvement du Hirak, avaient enregistré une participation de 23 %, déjà la plus faible de l’histoire du pays.

Dans un contexte marqué par des attentes sociales persistantes, une situation économique difficile et les critiques d’ONG sur les restrictions des libertés publiques, le niveau de participation demeure un indicateur clé du mécontentement social et de la légitimité de la future Assemblée. La proclamation des résultats définitifs est attendue dans les prochains jours.