Le président libanais, Joseph Aoun, a présenté une feuille de route en trois étapes pour parvenir au désarmement du Hezbollah, estimant que cet objectif demeure indissociable de la fin de l’occupation israélienne de certaines zones du sud du Liban, du renforcement de l’armée nationale et d’un vaste programme de reconstruction placé sous l’autorité exclusive de l’État. Ces déclarations figurent dans un communiqué publié mercredi par la présidence libanaise à l’issue de la visite officielle du chef de l’État à Washington.
Joseph Aoun s’exprimait lors d’un dîner organisé par l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadeh Mouawad, en présence de membres du Congrès américain et de responsables de l’administration de Washington. Cette rencontre intervenait au terme d’une visite marquée notamment par un entretien avec le président américain Donald Trump.
Le chef de l’État libanais a souligné que le désarmement du Hezbollah ne pouvait être envisagé sans traiter les facteurs qui, selon lui, ont favorisé l’émergence et le maintien de ce mouvement armé. Il a ainsi affirmé que la première étape consistait à mettre fin à l’occupation israélienne du territoire libanais, considérée comme la principale justification avancée par le Hezbollah pour conserver son arsenal.
Joseph Aoun a ensuite insisté sur la nécessité de confier à l’armée libanaise le contrôle exclusif de la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Il a appelé la communauté internationale à apporter un soutien « immédiat et inconditionnel » aux forces armées libanaises afin qu’elles puissent assumer pleinement leur rôle de seul garant légitime de la défense du pays.
Enfin, le président a estimé que la réussite de ce processus dépendait également d’un programme de reconstruction piloté exclusivement par l’État, destiné à favoriser la réinsertion des combattants grâce à des perspectives économiques durables. S’appuyant sur les exemples des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), il a plaidé pour une approche fondée sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration.
Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël ont signé, le 26 juin, un accord-cadre prévoyant un retrait progressif des forces israéliennes des territoires occupés, sans calendrier précis. Selon Beyrouth, ce processus reste conditionné au déploiement complet de l’armée libanaise dans les zones évacuées et au désarmement des groupes armés, tandis qu’Israël maintient toujours sa présence dans plusieurs secteurs du sud du Liban.

