HRW alerte sur de graves violations des droits humains lors d’opérations conjointes entre les États-Unis et l’Équateur

L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a accusé les États-Unis et l’Équateur d’avoir commis de graves violations des droits de l’homme dans le cadre de leur coopération sécuritaire contre le crime organisé, estimant que ce partenariat est entré dans une phase « périlleuse ». Dans un rapport publié cette semaine, intitulé Un partenariat dangereux, l’ONG affirme que les deux gouvernements mènent des opérations militaires dont les conséquences soulèvent de sérieuses préoccupations en matière de respect du droit international.

Selon HRW, les autorités américaines et équatoriennes justifient leurs actions par une stratégie de « guerre » contre les groupes criminels organisés, une approche qui favoriserait, selon l’organisation, des violations systémiques des droits fondamentaux. Le rapport évoque notamment des détentions arbitraires, des actes de torture ainsi que des frappes aériennes et par drones ayant touché des civils.

Pour étayer ses conclusions, Human Rights Watch indique s’être appuyée sur 62 entretiens menés auprès de survivants, de témoins et d’experts juridiques. L’organisation précise également avoir analysé des images satellites, des données de suivi maritime, des relevés thermiques, des dossiers médicaux ainsi que plus d’une centaine de photographies et de vidéos authentifiées.

Parmi les incidents documentés figure une opération conjointe menée du 1er au 6 mars près de la frontière colombienne. Selon HRW, quatre ouvriers agricoles colombiens auraient été arbitrairement détenus et soumis à des actes de torture, notamment par chocs électriques, simulacres de noyade et d’exécution. L’organisation affirme également que plusieurs propriétés civiles ont été incendiées et que des munitions aériennes ont été utilisées contre certaines d’entre elles.

Le rapport fait aussi état de frappes de drones contre deux navires de pêche équatoriens au large des îles Galápagos. Des survivants affirment avoir ensuite été interceptés par des hommes en uniforme portant des insignes américains avant d’être remis aux garde-côtes salvadoriens. Si le Pentagone et la Garde côtière américaine réfutent toute implication directe, HRW estime que Washington a fourni un soutien opérationnel, des renseignements ou une assistance logistique dans les opérations concernées. L’organisation met enfin en garde contre le risque de voir ce modèle de coopération sécuritaire et les violations qui l’accompagnent s’étendre à d’autres pays d’Amérique latine, notamment à la Colombie.