La Belgique a enregistré le taux de mortalité le plus élevé en Europe lors de la vague de chaleur survenue à la fin du mois de juin dernier, selon des données publiées par le réseau européen de surveillance de la mortalité (EuroMOMO) et relayées lundi par le quotidien belge «Het Nieuwsblad». Ce bilan place le taux de mortalité en Belgique nettement supérieur à la moyenne enregistrée chez ses voisins européens, malgré des conditions climatiques comparables.
D’après les statistiques de l’Institut belge de santé publique Sciensano, plus de 2.000 décès supplémentaires ont été recensés par rapport au niveau de mortalité habituellement attendu sur pareille période de l’année. La Belgique affiche ainsi une surmortalité de 48 %, contre 23 % en France et 13 % aux Pays-Bas.
Les spécialistes estiment que cette différence ne peut être expliquée par les seules températures enregistrées durant l’épisode caniculaire. Plusieurs autres facteurs, notamment socio-économiques et urbanistiques, auraient contribué à aggraver les conséquences sanitaires de la chaleur.
Interrogé par Het Nieuwsblad, le biostatisticien Geert Molenberghs, affilié aux universités KU Leuven et de Hasselt, souligne que les disparités entre les régions belges illustrent le poids des conditions de vie dans la vulnérabilité face aux fortes chaleurs.
Selon lui, les habitants vivant dans des logements exigus et densément occupés ou situés dans des zones fortement urbanisées sont davantage exposés aux risques sanitaires liés aux températures extrêmes.
L’expert belge relève également une différence notable entre la Flandre et la Wallonie. La région flamande a enregistré à elle seule, une surmortalité de 31 %, un niveau qui demeure supérieur aux taux nationaux observés en France et aux Pays-Bas.
Geert Molenberghs met enfin en cause l’impact de l’urbanisation, estimant que le développement parfois peu planifié de certaines zones urbaines en Belgique a favorisé les effets d’îlot de chaleur, accentuant ainsi les risques pour les personnes les plus vulnérables.
Cette situation relance le débat sur l’adaptation des villes aux épisodes climatiques extrêmes et sur la nécessité de renforcer les politiques de prévention afin de mieux protéger les personnes les plus exposées aux vagues de chaleur.

