La Moldavie a décrété mardi un état d’alerte de 30 jours dans les secteurs de l’énergie et de l’hydrologie, une mesure destinée à prévenir d’éventuelles pénuries de carburant et à préserver les ressources en eau dans un contexte de fortes tensions sur les marchés régionaux.
Selon le gouvernement moldave, cette décision intervient alors que plusieurs facteurs convergents fragilisent les chaînes d’approvisionnement, citant notamment la hausse des prix mondiaux du pétrole et du diesel, les répercussions du conflit au Moyen-Orient, l’interruption temporaire des exportations de pétrole kazakh via le terminal russe de Novorossiïsk, ainsi que le faible niveau des eaux du Danube, qui perturbe le transport et la logistique.
Les conséquences de cette situation se font déjà sentir dans le pays. Les réserves commerciales de diesel sont passées de 17,6 jours de consommation à la fin du mois de juin dernier à seulement 6,9 jours. Par ailleurs, 53 stations-service étaient en rupture de diesel dimanche, illustrant les difficultés croissantes d’approvisionnement auxquelles le marché national est confronté.
Pour limiter l’impact de cette crise, l’exécutif moldave a adopté une série de mesures exceptionnelles consistant notamment en la simplification des procédures d’importation de carburant, l’accélération du dédouanement des cargaisons, la création de « corridors verts » aux postes-frontières et un renforcement de la lutte contre les achats spéculatifs.
Les exportations de diesel et d’essence depuis le port stratégique de Giurgiulesti seront, quant à elles, strictement conditionnées au maintien de réserves suffisantes pour couvrir les besoins du marché intérieur.
En parallèle, les autorités moldaves ont déclenché un état d’alerte hydrologique en raison de la baisse marquée du niveau des eaux dans le bassin du Dniestr. Elles mettent en garde contre les conséquences d’une éventuelle réduction des lâchers d’eau depuis le réservoir de Novodnistrovsk, susceptible d’affecter l’approvisionnement en eau potable de plusieurs régions.
Afin d’anticiper toute aggravation de la situation, le gouvernement de la Moldavie compte identifier des sources alternatives d’approvisionnement en eau, de préparer des puits de réserve et de renforcer la surveillance des ressources hydriques durant toute la période d’alerte.

