Le mouvement houthi au Yémen a revendiqué mardi une vaste série d’attaques aux missiles et aux drones contre plusieurs cibles en Arabie saoudite, faisant craindre une nouvelle escalade militaire entre les deux parties. Le groupe a affirmé vouloir poursuivre ses opérations en profondeur du territoire saoudien, alors que les tensions connaissent une forte recrudescence.
Dans un communiqué, le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a indiqué que le mouvement avait lancé une opération qualifiée de « grande ampleur », mobilisant des dizaines de missiles balistiques et de drones. Selon lui, les attaques ont notamment ciblé des installations du géant pétrolier Aramco à Abha, Najran et Jizan, ainsi que la base aérienne de Khamis Mushait.
Le responsable houthi a affirmé que les frappes avaient atteint directement leurs objectifs et provoqué d’importants dégâts sur les sites visés. Il a présenté cette offensive comme une riposte aux opérations aériennes menées par l’Arabie saoudite au Yémen.
Yahya Saree a ainsi accusé Riyad d’avoir effectué 121 frappes au cours des trois derniers jours dans plusieurs provinces yéménites, notamment Marib, Al-Bayda, Al-Hudaydah, Taiz et Al-Jawf. Il a également affirmé qu’une frappe avait touché la prison centrale d’Al-Hazm, dans la province d’Al-Jawf, faisant des victimes parmi les détenus et les visiteurs.
De son côté, l’Arabie saoudite a fait état d’au moins 73 blessés civils à la suite des attaques contre Abha, Khamis Mushait, Jizan et Najran. Le ministère saoudien de l’Énergie a également signalé des incendies dans plusieurs installations énergétiques du sud du Royaume et une interruption temporaire de certaines opérations.
Le général Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition dirigée par Riyad, a dénoncé une « dangereuse escalade » et assuré que toutes les mesures nécessaires seraient prises pour contenir la menace houthie.
Cette nouvelle flambée intervient alors que les forces gouvernementales yéménites revendiquent des avancées sur plusieurs fronts. Le conflit, déclenché par la prise de Sanaa par les Houthis en 2014, s’est internationalisé en 2015 avec l’intervention d’une coalition conduite par l’Arabie saoudite.

