La Corée du Nord et la Russie inaugurent leur première liaison routière directe

La Corée du Nord et la Russie ont célébré mardi l’ouverture de leur première liaison routière directe, matérialisée par un nouveau pont sur le fleuve Tumen. Présentée comme un symbole du rapprochement entre Pyongyang et Moscou, cette infrastructure pourrait également offrir au régime nord-coréen de nouvelles perspectives économiques et stratégiques.

Baptisé Iakov Novitchenko, en hommage à un officier soviétique qui aurait sauvé la vie du fondateur de la Corée du Nord, Kim Il-sung, lors d’une tentative d’assassinat, l’ouvrage s’étend sur près d’un kilomètre et franchit le fleuve Tumen, qui constitue la frontière entre les deux pays sur environ 17 kilomètres.

Lors de la cérémonie, le responsable nord-coréen Pak Thae-song a estimé que l’achèvement du pont insufflait « un nouvel élan » à la coopération bilatérale. Jusqu’ici, les deux pays n’étaient reliés que par une liaison ferroviaire et des dessertes aériennes.

Construit en quelque seize mois, le pont est accompagné d’un nouveau poste-frontière à Khassan, côté russe, conçu pour accueillir quotidiennement jusqu’à 300 véhicules et 2.325 personnes. Le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine a souligné que les relations entre Moscou et Pyongyang se trouvaient à un niveau de « partenariat stratégique global » sans précédent.

Cette ouverture intervient alors qu’un autre pont reliant la Corée du Nord à la Chine, sur le fleuve Yalu, approche de son achèvement. Selon des analystes sud-coréens, ces infrastructures pourraient contribuer à l’émergence d’un axe continental associant Pyongyang, Moscou et Pékin.

Pour la Corée du Nord, l’enjeu est également économique. La coopération avec la Russie aurait contribué à la croissance de son économie, estimée à plus de 3 % en 2025 par la Banque de Corée. Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, Pyongyang s’est fortement rapproché de Moscou, fournissant notamment des soldats et du matériel militaire.

En contrepartie, la Russie aurait apporté une aide financière, énergétique et alimentaire ainsi que des technologies militaires. Le nouveau pont pourrait ainsi faciliter davantage les échanges de personnes, de marchandises et de ressources entre les deux pays, malgré les sanctions internationales visant Pyongyang.