Le président libanais Joseph Aoun est arrivé jeudi à Paris, où il s’est entretenu avec son homologue français Emmanuel Macron autour du renforcement des capacités des forces armées libanaises et de l’avenir du dispositif sécuritaire dans le sud du Liban, à l’approche du retrait de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).
La rencontre intervient alors que Beyrouth cherche à mobiliser davantage de soutien international en faveur de son armée, afin de renforcer son déploiement dans le sud et d’éviter un éventuel vide sécuritaire après le départ de la FINUL.
Emmanuel Macron doit également recevoir jeudi le roi Abdallah II de Jordanie, dans le cadre des consultations préparatoires à un sommet international consacré au soutien aux forces armées libanaises. Selon une source de l’Élysée citée par Euronews, ces discussions s’inscrivent dans le processus d’Aqaba, lancé par la Jordanie en 2015, qui associe plusieurs pays autour des questions de sécurité et de stabilité régionales.
La réunion doit notamment porter sur des « questions opérationnelles directes », avec l’examen de différents moyens de renforcer l’armée libanaise, notamment par des contributions financières, la fourniture d’équipements, le partage de renseignements et, si nécessaire, un accompagnement opérationnel.
L’avenir de la FINUL figure au cœur des préoccupations libanaises. Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé de mettre fin au mandat de la mission le 31 décembre 2026, avant une période d’un an consacrée à la réduction progressive de ses effectifs et à son retrait. La force compte actuellement quelque 7 500 Casques bleus provenant d’une cinquantaine de pays.
Beyrouth redoute qu’un retrait sans dispositif de transition ne crée un vide sécuritaire dans le sud, alors que les autorités souhaitent renforcer la présence de l’armée et étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
Joseph Aoun avait récemment plaidé pour un mécanisme temporaire permettant d’assurer la stabilité durant cette phase de transition, jusqu’à ce que l’armée libanaise soit pleinement en mesure d’assumer ses responsabilités.
Ces discussions interviennent enfin dans un contexte de tensions persistantes entre le Liban et Israël, malgré le cessez-le-feu conclu sous médiation américaine. Le retrait israélien du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise et la question du désarmement du Hezbollah restent au centre des échanges.

