La Cour constitutionnelle sud-coréenne confirme la destitution du président Yoon Suk Yeol

La Cour constitutionnelle de la République de Corée du Sud a confirmé à l’unanimité, ce vendredi 4 avril, la destitution du président, Yoon Suk Yeol, mettant ainsi fin à quatre mois d’incertitude politique après sa tentative avortée d’instaurer la loi martiale dans le pays. Cette décision entraîne la tenue d’une élection présidentielle anticipée dans un délai de 60 jours.

Lee Jae-myung, chef de l’opposition et candidat favori à la présidentielle anticipée, a salué ce verdict en accusant l’ex-président d’avoir mis en péril «le peuple et la démocratie». 

L’arrêt de la Cour constitutionnelle, lu en 23 minutes par son président, Moon Hyung-bae et suivi par des millions de citoyens, souligne que les actions de Yoon ont «violé les principes fondamentaux de l’État de droit et de la gouvernance démocratique».

Dans verdict, la Cour reproche à l’ex-chef d’État d’avoir mobilisé l’armée et la police afin d’empêcher l’Assemblée nationale d’exercer son autorité, une manœuvre qui, selon elle, constitue une atteinte à la neutralité politique des forces armées, affirmant que de tels actes représentaient «une violation grave de la loi ne pouvant être tolérée».

À l’annonce de ce jugement, les installations militaires du pays ont immédiatement retiré les portraits du président destitué, Yoon Suk Yeol qui exprimait de son côté, ses regrets dans un bref communiqué. Son parti a indiqué accepter la décision «avec solennité».

Des milliers de manifestants anti-Yoon se sont rassemblés pour célébrer cette éviction, tandis que ses partisans, furieux, ont organisé des contre-manifestations, dont certaines ont été marquées par des actes de violence. 

Ce dénouement, bien que source de tensions, illustre la résilience des institutions démocratiques sud-coréennes, selon les analystes. Le pays reste en alerte face à de possibles débordements, alors que s’ouvre une nouvelle page à l’approche de l’élection présidentielle anticipée.