Le président des Etats-Unis, Donald Trump compte recevoir le jeudi 15 janvier à la Maison Blanche, la cheffe de l’opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, dans un contexte diplomatique particulièrement mouvant.
Cette rencontre intervient alors que les autorités de Caracas procèdent à des libérations limitées de détenus politiques, sous une pression internationale accrue, principalement de Washington.
Le président américain a laissé entendre que Mme Machado pourrait lui remettre personnellement sa distinction, tout en maintenant pour l’heure une ligne pragmatique : il privilégie un dialogue avec Delcy Rodriguez, présidente par intérim et ancienne vice-présidente de Nicolás Maduro, capturé le 3 janvier lors d’une opération de grande ampleur menée par des militaires américains.
Dimanche dernier, Donald Trump s’est même déclaré ouvert à une entrevue avec Mme Rodriguez, estimant que son administration travaillait « vraiment bien » avec Caracas. « À un moment donné, je le ferai », a-t-il confié à la presse.
«Le président et son équipe de sécurité nationale ont procédé à une évaluation réaliste de la situation sur le terrain, et leur décision s’est révélée la bonne», a affirmé la porte-parole, Karoline Leavitt sur Fox News.
Dans le même temps, Maria Corina Machado a été reçue par le pape, appelant, avec « l’accompagnement de l’Église » et la « pression sans précédent » des États-Unis, à la fin des abus au Venezuela et à l’intercession pour les disparus.
À Caracas, le gouvernement a annoncé 116 nouvelles libérations lundi, mais les familles dénoncent la lenteur d’un processus lancé le 8 janvier dernier. Les ONG estiment à une cinquantaine seulement, le nombre de personnes relâchées à ce stade, sur environ 800 détenus incarcérés pour des motifs politiques.
Sur le front diplomatique, Delcy Rodriguez multiplie les signaux d’ouverture, évoquant un «processus exploratoire» pour rétablir les relations avec Washington, rompues depuis 2019, et un «nouvel agenda» avec l’Union européenne.
Les États-Unis, désireux d’accéder aux vastes réserves pétrolières du Venezuela, revendiquent néanmoins être «aux commandes» de ce pays latino-américain, illustrant une realpolitik assumée, où concessions humanitaires et intérêts stratégiques s’entremêlent.

