L’opposant vénézuélien, Juan Pablo Guanipa libéré de prison et assigné à résidence à Maracaibo

Juan Pablo Guanipa, figure emblématique de l’opposition vénézuélienne et proche collaborateur de Maria Corina Machado, leader de l’opposition, a été placé sous assignation à résidence mardi 10 février dans la ville de Maracaibo, moins de 48 heures après sa libération de prison, a révélé  son fils sur les réseaux sociaux. 

Âgé de 61 ans, l’ancien gouverneur et avocat avait passé près de neuf mois emprisonné en raison d’accusations de «conspiration», qu’il a toujours niées, avant d’être libéré dimanche dernier dans le cadre d’une série de libérations de prisonniers politiques sous pression internationale. 

Peu après sa sortie, il avait publiquement appelé au respect de la volonté populaire et lancé un appel à de nouvelles élections. Il a aussi participé à des rassemblements avec des proches de détenus politiques. 

Selon le ministère public vénézuélien, Guanipa a été de nouveau arrêté lundi pour avoir prétendument violé les conditions de sa liberté conditionnelle, même si les détails précis de ces prétendues infractions n’ont pas été rendus publics. 

Ces allégations sont contestées par sa famille et ses proches, qui dénoncent une détention sous une autre forme, l’assignation à résidence étant jugée par eux, comme une «prison à domicile». 

La rapide succession de sa libération et de sa rétention a suscité des réactions vives au sein de l’opposition vénézuélienne. Maria Corina Machado a parlé d’un « enlèvement » par des hommes armés, tandis qu’un autre opposant en exil a évoqué une «disparition forcée», avant que la maison familiale ne confirme sa présence sous surveillance. 

Aux États-Unis, des parlementaires ont fait brandir des «conséquences graves» en cas d’atteinte à l’intégrité physique de Guanipa, reflétant l’attention internationale portée à l’évolution du dossier des prisonniers politiques au Venezuela. 

Cette affaire s’inscrit dans un contexte politique tendu où une loi d’amnistie controversée, destinée à libérer un grand nombre de détenus politiques, est en débat à l’Assemblée nationale, après son approbation en première lecture.