Les autorités australiennes ont annoncé l’arrestation et l’inculpation de deux ressortissants chinois, soupçonnés d’avoir espionné un groupe bouddhiste de la diaspora chinoise en Australie pour le compte de Pékin, une affaire qui relance les préoccupations autour de l’ingérence étrangère en Australie et provoque une réaction immédiate de la Chine.
Selon la police fédérale australienne, un homme de 25 ans et une femme de 31 ans sont poursuivis pour «ingérence étrangère dangereuse» dans le pays, un délit passible de 15 ans de prison.
Les deux suspects seraient liés à une ressortissante chinoise déjà inculpée en août dernier, pour des activités d’espionnage visant l’antenne de Canberra du mouvement bouddhiste d’origine chinoise Guan Yin Citta Door, une organisation interdite par les autorités chinoises.
Les enquêteurs australiens estiment que les deux accusés auraient agi pour le compte du Bureau de la sécurité publique chinois, chargé de superviser les forces de l’ordre du pays. L’enquête, ouverte l’an dernier après un signalement des services de renseignement australiens, s’inscrit dans un contexte sécuritaire jugé particulièrement sensible par Canberra.
Le directeur du renseignement intérieur, Mike Burgess, a dénoncé les tentatives de certains régimes étrangers visant à surveiller, harceler ou intimider des membres de communautés issues de diasporas, qualifiant ces pratiques d’«inacceptables».
Pékin a réagi rapidement à ces propos, appelant l’Australie à traiter l’affaire «avec prudence» et à garantir les droits des citoyens chinois, tout en affirmant ne pas disposer d’informations détaillées sur le dossier.
Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique délicat entre les deux pays. La Chine demeure le principal partenaire commercial de l’Australie, représentant près d’un tiers de ses échanges, malgré des divergences stratégiques persistantes.
Canberra reste notamment préoccupée par l’influence chinoise dans la région indo-pacifique et par la gestion du port stratégique de Darwin, confiée depuis 2015 à une entreprise chinoise.
Bien que les relations bilatérales se soient partiellement apaisées ces dernières années, les rivalités géopolitiques et les préoccupations sécuritaires continuent d’alimenter la méfiance entre les deux puissances.

