Le Parti nationaliste du Bangladesh s’impose largement aux élections législatives

Au lendemain des élections générales organisées jeudi au Bangladesh, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) a été officiellement déclaré vainqueur par la Commission électorale, marquant un tournant décisif dans la vie politique du pays.

Depuis la capitale Dhaka, le secrétaire principal de la Commission électorale, Akhtar Ahmed a annoncé que le BNP avait remporté 209 des 300 sièges du Parlement, franchissant ainsi le seuil de la majorité des deux tiers. Avec ses alliés, la formation nationaliste totalise 212 sièges. Le Jamaat-e-Islami a obtenu 68 sièges, et son bloc élargi en compte 77 au total dans la nouvelle Assemblée nationale.

Toutefois, le principal parti islamiste Jamaat-e-Islami a contesté le processus de dépouillement des bulletins de vote, menaçant d’organiser des manifestations si d’éventuelles irrégularités ne sont pas rectifiées. Trois circonscriptions devront par ailleurs revoter, le scrutin y ayant été reporté.

Ces élections générales étaient les premières au Bangladesh, depuis le soulèvement populaire de 2024 qui a conduit à la chute de l’ancienne Première ministre, Cheikh Hasina. Son parti, l’Awami League, a été interdit de participer à ces élections. Son allié historique, le Jatiya Party, n’a obtenu aucun siège, tandis que huit sièges ont été remportés par des candidats indépendants ou par de petites formations politiques.

Le taux de participation au vote a atteint 59,44 %, en nette hausse par rapport aux 41,8 % enregistrés en janvier 2024 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition. Plus de 127,6 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes. Le vote, globalement pacifique malgré neuf décès recensés, incluait également un référendum sur la «Charte de juillet».

Adossée au mouvement populaire de l’été 2024, cette Charte a été approuvée par plus de 48 millions d’électeurs. Ce vaste programme contenant plus de 80 réformes, prévoit notamment la limitation des mandats du Premier ministre, un renforcement des pouvoirs présidentiels, une justice indépendante et une meilleure représentation des femmes. Le Parlement nouvellement élu disposera d’un délai strict pour adopter le texte, dont certaines dispositions demeurent controversées. 

Selon l’ONU, jusqu’à 1.400 personnes ont perdu la vie durant les manifestations de 2024, ayant précipité la chute du gouvernement Hasina, condamné à mort par contumace en novembre dernier, pour crimes contre l’humanité.