Le Japon s’apprête à puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole à partir du 1er mai, dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient qui perturbent les flux de brut transitant par le détroit d’Ormuz, a annoncé ce vendredi 24 avril, le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, qui entend ainsi prévenir tout risque de rupture d’approvisionnement.
Selon les autorités japonaises, le volume libéré correspondra à environ 20 jours de consommation nationale, soit près de 5,8 millions de kilolitres. La valeur de cette opération est estimée à environ 540 milliards de yens, soit près de 3,38 milliards de dollars. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de l’article 31 de la loi japonaise sur le stockage pétrolier, qui autorise l’utilisation des réserves en cas de nécessité pour garantir la stabilité énergétique.
Dans son communiqué, le ministère souligne qu’il déploie « tous les efforts possibles » pour sécuriser des approvisionnements en pétrole brut via des routes alternatives, contournant le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial d’hydrocarbures. Cette stratégie vise à réduire la vulnérabilité du pays face aux perturbations géopolitiques.
Tokyo prévoit ainsi de couvrir plus de la moitié de ses besoins en pétrole à partir de sources diversifiées d’ici le mois de mai, marquant une évolution significative par rapport à l’année précédente. Les autorités estiment que les progrès réalisés en matière de diversification permettront d’assurer un approvisionnement stable au-delà de la fin de l’année, tout en limitant le recours aux stocks stratégiques.
Troisième économie mondiale et l’un des principaux importateurs de brut, le Japon dépend largement des livraisons en provenance du Moyen-Orient. Dans ce contexte, toute perturbation dans le détroit d’Ormuz représente un enjeu majeur pour sa sécurité énergétique, justifiant les mesures anticipatives annoncées par le gouvernement.

