L’Irak entre dans une nouvelle phase politique avec la désignation d’Ali al-Zaïdi au poste de Premier ministre, par le président irakien, Nizar Amedi. Cet homme d’affaires a été choisi après avoir obtenu le soutien du Cadre de coordination, principale alliance chiite au Parlement, après le retrait de la candidature de l’ancien chef du gouvernement, Nouri al-Maliki.
Dans un communiqué officiel, la présidence a confirmé avoir chargé « le candidat du plus grand bloc parlementaire » de former le prochain gouvernement. Cette nomination ouvre un délai constitutionnel de 30 jours, pour constituer une équipe ministérielle, laquelle devra ensuite obtenir l’approbation du Parlement.
Le choix d’Ali al-Zaïdi intervient à l’issue d’intenses tractations politiques. Le Cadre de coordination a salué le retrait de Nouri al-Maliki ainsi que celui du Premier ministre intérimaire, Mohamed Chia al-Soudani, évoquant une décision « historique et responsable » destinée à faciliter un consensus pour la désignation d’un nouveau Chef de gouvernement.
Ces retraits interviennent alors que des pressions internationales, notamment américaines, pesaient sur le processus politique. En janvier, le président Donald Trump avait explicitement menacé de suspendre le soutien de Washington à Bagdad en cas de retour au pouvoir de Nouri al-Maliki, jugé trop proche de l’Iran.
Peu connu du grand public, Ali al-Zaïdi apparaît comme une figure de compromis. Issu du monde des affaires, banquier et propriétaire d’une chaîne de télévision, il n’a jamais exercé de responsabilités gouvernementales. Son profil pourrait néanmoins répondre à la nécessité de trouver un équilibre dans un pays où les tensions géopolitiques et tribales restent vives.
Depuis plusieurs années, l’Irak demeure un terrain d’influence entre les États-Unis et l’Iran, contraignant ses dirigeants à naviguer entre ces deux puissances rivales. La capacité d’Ali al-Zaïdi à former un gouvernement stable sera déterminante pour l’avenir politique du pays.

