Les États-Unis lèvent les sanctions imposées à Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens

Les États-Unis ont officiellement retiré la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits des Palestiniens, Francesca Albanese, de leur liste des ressortissants spécialement désignés, a annoncé le département américain du Trésor ce mercredi 20 mai sur son site officiel, une décision qui constitue un revers judiciaire pour l’administration Trump, à l’origine des sanctions prises contre la juriste italienne.

La semaine dernière, le juge fédéral américain, Richard Leon a suspendu ces mesures, estimant qu’elles portaient atteinte aux droits constitutionnels de la responsable onusienne. Le magistrat a accordé une injonction préliminaire, considérant que les sanctions visaient à limiter la liberté d’expression de Francesca Albanese en raison «des idées ou du message exprimé».

Installée en Tunisie, la rapporteuse avait été sanctionnée après avoir appelé la Cour pénale internationale (CPI) à engager des poursuites pour crimes de guerre contre des responsables israéliens et à leur tête Benyamin Netanyahou, dans le contexte des opérations militaires génocidaires ciblant depuis trois ans, les populations civiles, notamment les femmes et les enfants dans la bande de Gaza.

Le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio avait en effet, accusé Francesca Albanese de conduire une «campagne de guerre politique et économique» contre les États-Unis et Israël. 

Cette accusation faisait suite à la publication d’un rapport mettant en cause plusieurs multinationales, notamment Microsoft, Alphabet, Amazon et Palantir Technologies, soupçonnées de contribuer indirectement au financement de l’armement et de l’occupation israélienne des territoires palestiniens.

Depuis 2022, Francesca Albanese occupe le poste de rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations Unies pour la Cisjordanie et Gaza. À ce titre, elle est chargée de documenter et de surveiller les violations présumées des droits humains commises à l’encontre des Palestiniens dans ces territoires.

Les sanctions américaines prévoyaient notamment l’interdiction d’entrée de Francesca Albanese sur le territoire des États-Unis, le blocage de son accès au système bancaire américain ainsi que l’interdiction de toute relation commerciale avec des entités basées dans le pays. 

Son époux, l’économiste de la Banque mondiale, Massimiliano Cali, ainsi que leur fille de nationalité américaine, avaient saisi la justice fédérale en février dernier pour contester les sanctions américaines.