La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne rassemblés au sein du groupe dit «E3», ont officiellement déclenché le mécanisme de rétablissement des sanctions onusiennes à l’encontre de l’Iran.
Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l’ONU, les trois pays affirment disposer de «preuves factuelles» attestant que Téhéran ne respecte pas ses engagements nucléaires pris dans le cadre de l’accord de 2015.
Ce mécanisme, surnommé «snapback», ouvre une période de 30 jours à l’issue de laquelle les sanctions internationales suspendues depuis dix ans pourraient être rétablies. Les Européens, soutenus par Washington, accusent l’Iran de développer des capacités militaires sous couvert de programme civil, en violation du traité de non-prolifération des armes nucléaires. Téhéran rejette ces accusations et assure ne poursuivre qu’un usage énergétique pacifique.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à éviter l’escalade et exhorté les parties à poursuivre le dialogue. « Une fenêtre de 30 jours existe pour trouver une voie pacifique », a rappelé son porte-parole.
La réaction de l’Iran ne s’est pas fait attendre. Le ministre des affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé une décision « injustifiée et illégale », promettant une réponse appropriée. Selon la diplomatie iranienne, cette démarche compromet les contacts en cours entre l’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de surveiller son programme.
La Russie, par la voix de son ambassadeur adjoint à l’ONU, Dmitry Polyanskiy a lui aussi condamné une décision dépourvue de « toute base juridique », assimilée à un « chantage ».
Pour les Européens, il ne s’agit toutefois pas d’enterrer la diplomatie. L’accord de 2015, dont les États-Unis s’étaient retirés en 2018, arrive à échéance le 18 octobre prochain. « Cette mesure ne signe pas la fin du dialogue », a assuré le ministre français des affaires étrangères Jean-Noël Barrot, réaffirmant la volonté de l’E3 d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.