Israël a confirmé jeudi avoir interdit l’accès à la bande de Gaza, à 37 grandes organisations humanitaires internationales, leur reprochant de ne pas avoir transmis la liste nominative de leurs employés, désormais exigée officiellement par Tel-Aviv, pour des raisons de «sécurité».
Cette mesure, annoncée après plusieurs mois de bras de fer administratif, soulève de vives inquiétudes quant à l’acheminement de l’aide dans un territoire palestinien dévasté par deux années de guerre, où la majorité de la population dépend d’une assistance humanitaire vitale.
Selon le porte-parole du ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme, les licences des ONG concernées ont expiré et celles-ci disposent de deux mois pour retirer leurs équipes du terrain. «Si elles daignent nous soumettre les documents qu’elles ont refusé de fournir au cours des dix derniers mois, nous examinerons leur demande», a précisé Gilad Zwick.
Le même département affirme que cette exigence vise à empêcher «l’infiltration d’opérateurs terroristes» au sein des structures humanitaires, arguant que «l’assistance est la bienvenue, mais pas son exploitation à des fins terroristes ».
Parmi les organisations concernées figurent plusieurs acteurs majeurs, tels que Médecins sans frontières (MSF), le Norwegian Refugee Council (NRC), Care, Oxfam ou World Vision.
MSF a indiqué ne pas avoir reçu de garanties suffisantes sur la protection des données de ses équipes, tandis que le NRC a dénoncé des mesures destinées à « entraver et marginaliser » les acteurs humanitaires. Les ONG redoutent notamment une surveillance accrue de leurs employés palestiniens, jugée contraire au droit international.
La décision israélienne intervient alors que l’Union européenne et les Nations unies appellent à lever les obstacles se dressants contre le libre acheminement des aides humanitaires.
Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a mis en garde contre des suspensions « arbitraires » aggravant une situation déjà intolérable à Gaza, où un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis le 10 octobre entre Israël et le Hamas.
La question du contrôle et de l’utilisation de l’aide reste particulièrement sensible depuis le début du conflit le 7 octobre 2023, dans un contexte où Israël avait déjà restreint les activités de l’UNRWA l’an dernier.

