L’Union européenne appelle à la retenue après l’intervention américaine au Venezuela

Hormis la Hongrie, vingt-six États membres de l’Union européenne (UE) ont lancé, dimanche soir, un appel solennel au calme et à la retenue, à la suite de l’action militaire menée par les États-Unis au Venezuela qui s’est soldée par la capture et l’exfiltration du président vénézuélien, Nicolas Maduro et de son épouse. 

Dans une déclaration conjointe, Bruxelles exhorte l’ensemble des acteurs à éviter toute escalade et à privilégier une issue pacifique à la crise, fondée sur le respect du droit international.

« L’Union européenne appelle tous les acteurs au calme et à la retenue, afin de garantir une solution pacifique. En toutes circonstances, les principes du droit international et la Charte des Nations unies doivent être respectés », souligne le texte publié par la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas. 

Le document rappelle la « responsabilité particulière » qui incombe aux membres du Conseil de sécurité des Nations unies dans la défense du droit international, considéré comme un pilier central de l’architecture de la sécurité mondiale.

L’UE réitère par ailleurs, sa position sur la situation politique au Venezuela, affirmant que Nicolás Maduro « ne dispose pas de la légitimité d’un président démocratiquement élu, appelant à une transition pacifique vers la démocratie, menée par les Vénézuéliens eux-mêmes et dans le strict respect de la souveraineté nationale. «Le droit du peuple vénézuélien à déterminer son avenir doit être pleinement respecté», insiste la déclaration.

L’Union européenne souligne également l’importance de lutter contre la criminalité organisée transnationale et le trafic de drogue par une coopération durable, menée dans le respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des États. Elle affirme maintenir des contacts étroits avec les États-Unis ainsi qu’avec des partenaires régionaux et internationaux, afin de favoriser un dialogue inclusif et une solution négociée à la crise.

La déclaration conjointe appelle enfin à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques détenus au Venezuela et assure que les autorités consulaires européennes œuvrent de concert pour garantir la sécurité des citoyens de l’UE, y compris ceux détenus illégalement.

Cette prise de position intervient après les déclarations du président américain Donald Trump, qui a affirmé que l’opération militaire américaine avait conduit à la capture de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores.

Le couple est actuellement détenu à Brooklyn, à New York, où il fait face à des accusations fédérales liées au trafic de drogue et à des liens présumés avec des organisations criminelles. Caracas a rejeté ces accusations et exigé leur libération.