La Thaïlande a accusé ce mardi 6 janvier, le Cambodge d’avoir violé le cessez-le-feu en vigueur depuis dix jours entre les deux pays, faisant état de tirs de mortiers ayant blessé un soldat thaïlandais dans une zone frontalière disputée.
Selon l’armée thaïlandaise, des obus ont frappé le secteur de Chong Bok, situé à proximité de la ligne de démarcation contestée. Le militaire blessé a été évacué pour recevoir des soins, sans que la gravité de ses blessures ne soit précisée.
Dans un second temps, Bangkok a toutefois indiqué avoir été contacté par la partie cambodgienne, qui a assuré qu’aucune attaque délibérée n’avait visé le territoire thaïlandais. Les autorités de Phnom Penh ont évoqué une « erreur opérationnelle », tandis que le ministère cambodgien de la Défense a fait état d’une « explosion dans un tas d’ordures » au cours d’opérations d’entretien, qui aurait blessé deux de ses soldats.
Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a réagi en déclarant attendre des précisions sur les responsabilités, tout en affirmant que son pays disposait de la capacité de riposte nécessaire. Aucune évacuation de civils n’a pour l’heure été décidée.
Cet incident intervient moins de deux semaines après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu ayant mis fin à trois semaines de combats meurtriers, responsables d’au moins 47 morts et du déplacement d’environ un million de personnes de part et d’autre de la frontière. Bangkok avait déjà dénoncé une violation de la trêve lorsque plus de 250 drones cambodgiens avaient survolé son territoire, une accusation rejetée par Phnom Penh.
Les tensions restent vives entre les deux voisins, qui s’accusent mutuellement d’occupation illégale de territoires frontaliers. La Thaïlande affirme que les zones qu’elle contrôle lui ont toujours appartenu, tandis que le Cambodge dénonce une annexion « par la force ». Fin décembre, Bangkok avait toutefois libéré 18 soldats cambodgiens capturés en juillet, un geste présenté comme une démonstration de bonne volonté.
Le cessez-le-feu entre les deux pays voisins prévoit notamment l’arrêt des combats, le gel des positions militaires et une coopération dans le déminage des zones frontalières. Mais la frontière de 800 kilomètres, fixée à l’époque coloniale, demeure une source persistante de tensions.

