Le Japon a officiellement protesté auprès de la Chine après le déploiement par Pékin de plateformes de forage mobiles en mer de Chine orientale, une initiative qui ravive les tensions persistantes entre les deux puissances asiatiques.
Selon des informations rapportées par l’agence de presse japonaise «Kyodo News», citant le ministère japonais des Affaires étrangères, ces installations sont situées dans les eaux territoriales chinoises, au-delà de la ligne médiane séparant les zones économiques maritimes revendiquées par les deux pays.
D’après les autorités japonaises, les plateformes concernées seraient utilisées pour des forages exploratoires visant à identifier un nouveau gisement de gaz naturel.
Tokyo estime que ces activités unilatérales vont à l’encontre de l’esprit de coopération qui devait prévaloir dans cette zone maritime sensible. La protestation a été transmise à Pékin par voie diplomatique vendredi dernier, précise la même source.
La question des ressources énergétiques en mer de Chine orientale demeure un sujet de discorde de longue date entre les deux pays. En 2008, Tokyo et Pékin avaient conclu un accord de principe sur le développement conjoint des gisements gaziers dans la région. Toutefois, les négociations ont été suspendues en 2010, à la suite d’une montée des tensions provoquée par la collision d’un chalutier chinois avec un navire des garde-côtes japonais.
Parallèlement à ce différend énergétique, les relations bilatérales sont également marquées par des frictions d’ordre stratégique et sécuritaire. Lors d’une conférence de presse à Pékin, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a appelé le Japon à clarifier sa position sur les armes nucléaires et à respecter strictement ses engagements au titre du Traité sur la non-prolifération nucléaire ainsi que les principes de non-nucléarisation.
Cette déclaration intervient en réaction à un rapport d’organisations chinoises dénonçant de supposées ambitions nucléaires de courants politiques japonais.
Les tensions entre la Chine et le Japon se sont encore accrues en novembre, après que la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a estimé qu’une attaque chinoise contre Taïwan pourrait constituer une situation menaçant la survie de son pays, ouvrant la voie à l’exercice du droit à la légitime défense collective.
Pékin a vivement réagi, appelant Tokyo à revenir sur ces propos et à «corriger son erreur», tout en adoptant plusieurs mesures restrictives, illustrant la dégradation continue du climat diplomatique entre les deux voisins.

