Iran : Près de 2.700 morts dans la répression des manifestations, selon l’ONG HRANA

Le mouvement de contestation qui secoue l’Iran depuis la fin du mois de décembre dernier, est confronté à une répression d’une ampleur particulièrement meurtrière. 

Selon un bilan publié jeudi par la Human Rights Activists News Agency (HRANA), organisation de défense des droits humains basée aux États-Unis, au moins 2.677 personnes ont été tuées et 19.097 autres arrêtées, depuis le début des manifestations. Des chiffres alarmants que les autorités iraniennes n’ont, à ce stade, ni confirmés ni commentés officiellement.

Les protestations ont éclaté le 28 décembre à Téhéran, dans un contexte de forte détérioration économique et des conditions de vie des Iraniens. À l’origine du mouvement, des commerçants, marchands et petits entrepreneurs ont lancé des grèves et organisé des rassemblements pour dénoncer l’envolée de l’inflation, la chute vertigineuse du rial iranien et l’aggravation des conditions de vie. La hausse des prix des produits de première nécessité et la perte du pouvoir d’achat ont rapidement cristallisé un profond mécontentement social.

Initialement circonscrites à la capitale, les manifestations se sont rapidement propagées à de nombreuses villes à travers le pays. Au fil des jours, le mouvement a pris une dimension plus large, se transformant en une contestation ouverte contre le pouvoir en place. 

Des étudiants, des ouvriers, des fonctionnaires et divers groupes sociaux ont rejoint les protestataires, exprimant des revendications politiques et dénonçant la corruption, le chômage et l’absence de perspectives économiques.

Face à cette mobilisation, les forces de sécurité iraniennes ont mené une répression massive, marquée par l’usage de la force, des arrestations de masse et des restrictions sévères à la liberté d’expression. Selon HRANA, de nombreuses personnes interpellées auraient été détenues sans accès à un avocat, tandis que des familles restent sans nouvelles de leurs proches.

Le silence des autorités sur le bilan humain alimente les inquiétudes de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains, qui réclament des enquêtes indépendantes. Dans un pays déjà fragilisé par les sanctions internationales et les tensions géopolitiques, cette nouvelle vague de répression souligne la profondeur de la crise sociale et politique que traverse l’Iran.

Alors que les manifestations se poursuivent de manière sporadique, l’issue du mouvement demeure incertaine, mais son coût humain s’impose déjà comme l’un des plus lourds enregistrés ces dernières années.