Les ministres de l’Énergie du groupe des sept « G7 » ont demandé à l’Agence internationale de l’énergie de préparer différents scénarios pour une éventuelle libération des réserves stratégiques de pétrole, dans un contexte de forte instabilité des marchés mondiaux des produits énergétiques, a annoncé hier mardi à Paris, le ministre français de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, à l’issue d’une réunion organisée au siège de l’International Energy Agency.
Selon le ministre français, les tensions actuelles sont étroitement liées à la situation dans le détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes les plus stratégiques pour le commerce énergétique mondial. « L’essentiel du problème, le nœud de l’enjeu, c’est le détroit d’Ormuz », a-t-il déclaré, rappelant notamment que près de 90 % des importations pétrolières du Japon transitent par ce passage maritime crucial.
Dans ce contexte, les pays du G7 souhaitent anticiper toute perturbation majeure de l’approvisionnement. Roland Lescure a indiqué que les ministres ont demandé à l’AIE d’actualiser les données relatives aux stocks et d’évaluer les volumes susceptibles d’être mis sur le marché en cas de besoin.
Il a également affirmé que la simple perspective d’une telle mesure avait déjà contribué à détendre les marchés, entraînant une baisse d’environ 20 dollars du prix du baril. Parallèlement, la priorité diplomatique reste, selon lui, de « rouvrir » le détroit d’Ormuz.
Le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, a confirmé une détérioration rapide de la situation sur les marchés pétroliers. Outre les risques liés au transit maritime dans la région, la baisse d’une part significative de la production mondiale accroît les incertitudes. L’organisation dispose actuellement de plus de 1,2 milliard de barils de réserves publiques d’urgence, auxquels s’ajoutent environ 600 millions de barils détenus par l’industrie dans le cadre d’obligations gouvernementales.
En France, Roland Lescure a reconnu l’impact direct de cette crise sur les consommateurs, avec un prix du diesel approchant les deux euros le litre, un niveau qu’il a jugé « en dehors d’une distribution normale ». Plutôt que d’annoncer immédiatement une nouvelle aide financière, le gouvernement privilégie un renforcement des contrôles dans les stations-service afin de prévenir d’éventuelles pratiques abusives.
Dans le même temps, le président français, Emmanuel Macron a évoqué la préparation d’une mission navale « purement défensive » destinée à sécuriser le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz lorsque l’intensité du conflit régional diminuera.

