Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, est attendu ce mercredi 29 avril, devant le Congrès, pour une audition particulièrement sensible sur la conduite de la guerre contre l’Iran, alors que le conflit, entamé le 28 février, s’enlise malgré un cessez-le-feu prolongé pour une seconde fois par le président américain, Donald Trump.
Pour cette première comparution parlementaire depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, le chef du Pentagone sera entendu par la Commission des forces armées de la Chambre des représentants, aux côtés du chef d’état-major, Dan Caine. Les débats de cette audition s’annoncent tendus, dans le sillage de critiques croissantes, y compris dans le camp républicain.
Depuis le déclenchement du conflit, l’exécutif américain est accusé par plusieurs parlementaires d’avoir marginalisé le Congrès, pourtant constitutionnellement habilité à autoriser toute déclaration de guerre. Des élus dénoncent également un accès insuffisant aux informations classifiées, rompant avec les pratiques habituelles en matière de supervision militaire.
Figure clivante, Pete Hegseth fait face à une opposition démocrate particulièrement déchaînée. « Il est temps qu’il réponde d’une guerre lancée par choix », a déclaré la députée Maggie Goodlander. Six tentatives de destitution ont déjà été engagées, sans avoir aboutir jusqu’à présent.
Sur le terrain, la situation reste volatile. Tandis que Téhéran exerce une pression sur le détroit stratégique d’Ormuz, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région, déployant trois porte-avions, une première depuis plus de deux décennies. Le bilan humain de cette guerre s’alourdit passant à 13 militaires américains tués et près de 400 autres blessés.
Au-delà des aspects militaires, les parlementaires du Congrès devraient interroger le chef du Pentagone sur le coût du conflit contre l’Iran et l’utilisation intensive de missiles aux stocks limités, faisant craindre une érosion des capacités stratégiques américaines.
L’audition intervient également dans le cadre d’une demande budgétaire record visant à porter les dépenses de défense à 1.500 milliards de dollars d’ici 2027.
Enfin, des questions pourraient émerger sur l’usage de l’intelligence artificielle au sein des forces armées, sur fond de tensions avec l’entreprise Anthropic, opposée à certaines applications militaires de ses technologies.

