Réunis pendant deux jours avant le sommet du G7 prévu du 15 au 17 juin à Évian (Nord-est de la France), les ministres des Finances des principales puissances industrialisées tentent d’afficher une position commune face à une série de crises géopolitiques et économiques qui fragilisent l’équilibre mondial.
Au cœur des discussions figurent les conséquences du conflit au Moyen-Orient, les tensions commerciales avec les États-Unis et la dépendance stratégique aux minerais critiques dominés par la Chine.
La France, qui assure cette année la présidence tournante du G7, veut maintenir un cadre de dialogue multilatéral malgré un contexte international marqué par de fortes divisions. « Aujourd’hui, on va montrer que le multilatéralisme est utile et qu’il fonctionne », a déclaré Roland Lescure à l’ouverture des discussions.
Les inquiétudes se concentrent principalement sur les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient et du blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, passage stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures et d’engrais. Cette situation a provoqué une flambée des prix de l’énergie et alimenté des craintes inflationnistes sur les marchés internationaux. Le Fonds monétaire international anticipe désormais un ralentissement de la croissance mondiale accompagné d’une hausse de l’inflation en 2026.
Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a appelé à un retour rapide à la stabilité régionale afin de préserver la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Une nouvelle libération des réserves stratégiques de pétrole n’est toutefois pas envisagée à ce stade, même si Paris se dit prêt à réévaluer cette option en cas d’aggravation de la situation.
Les discussions portent également sur les tensions commerciales provoquées par les nouvelles surtaxes douanières imposées par l’administration de Donald Trump. Les Européens dénoncent des mesures qui accentuent les déséquilibres économiques mondiaux.
Enfin, les ministres abordent la question sensible des terres rares et des matériaux critiques, indispensables à l’électrification et aux technologies stratégiques. Les membres du G7 cherchent à réduire leur dépendance à la Chine, qui domine largement ce secteur clé de l’économie mondiale.

