À la veille de nouvelles négociations à Abou Dhabi, l’armée russe lance contre l’Ukraine une frappe d’une intensité sans précédent

Alors qu’un nouveau cycle de négociations trilatérales entre l’Ukraine, les États-Unis et la Russie devrait s’ouvrir à Abou Dhabi, dans un contexte marqué par une escalade militaire majeure, l’armée russe a lancé dans la nuit de mardi à mercredi, une attaque aérienne, la plus massive de l’hiver, contre l’Ukraine, visant en priorité ses infrastructures énergétiques civiles.

Selon les autorités ukrainiennes, Moscou a tiré 71 missiles et déployé près de 450 drones, un record depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022. 

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky a déclaré que cette offensive conduirait Kiev à «ajuster» la mission et la position de sa délégation lors des discussions prévues dans la capitale émiratie.

Pour le chef de l’Etat ukrainien, cette attaque confirme la constance des intentions russes. « Chaque frappe russe démontre que Moscou continue de miser sur la guerre et la destruction, sans prendre la diplomatie au sérieux», a-t-il affirmé, ajoutant que la stratégie de l’équipe ukrainienne de négociation dépêchée à Abou Dhabi, serait adaptée en conséquence. Il n’a toutefois pas précisé la nature exacte de ces ajustements.

L’attaque a notamment impliqué des missiles balistiques Iskander-M et des systèmes S-300, utilisés contre des installations civiles et énergétiques, alors que les températures en Ukraine sont descendues sous les -20°C ces derniers jours. Depuis plusieurs semaines, la Russie intensifie ses frappes ciblées, profitant des conditions hivernales extrêmes pour accroître la pression sur la population en la privant d’électricité et de chauffage.

Sur le réseau social X, Volodymyr Zelensky a accusé Moscou d’avoir exploité la proposition américaine appelant à la suspension pour une semaine, des attaques contre les infrastructures énergétiques afin de reconstituer ses stocks de missiles, soutenant que «sans une pression maximale sur la Russie, il n’y aura pas de fin à cette guerre».

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a reconnu la complexité des discussions, évoquant des progrès limités sur certains sujets. Parallèlement, l’envoyé russe, Kirill Dmitriev s’est récemment rendu à Miami pour des échanges avec des responsables américains, sans que Moscou n’en dévoile le contenu.