Le fragile cessez-le-feu en vigueur dans la bande de Gaza a été sévèrement mis à l’épreuve ce mercredi 4 février, par une série de bombardements israéliens ayant fait vingt-quatre morts palestiniens, dont six enfants, selon les autorités sanitaires locales de Gaza.
Ces frappes, survenues à peine trois jours, après la réouverture très partielle et hautement symbolique du point de passage frontalier de Rafah, plongent la population dans un nouveau cycle de deuil et soulignent la volatilité extrême de la situation.
Les affrontements ont éclaté sur plusieurs fronts. Dans le nord, à Gaza-ville, des tirs de chars et des frappes aériennes du Tsahal ont fait quatorze morts, transférés à l’hôpital Al-Chifa.
«Nous dormions quand soudain une pluie d’obus et de tirs s’est abattue sur nous. De jeunes enfants ont été tués», a témoigné Abou Mohammed Haboush, un survivant ayant perdu son fils.
Le directeur de l’hôpital, Mohammed Abu Salmiya a dénoncé une «situation extrêmement difficile» dans des hôpitaux déjà aux abois, frappés par de «graves pénuries de médicaments et d’équipements».
Dans le Sud du territoire palestinien, le secteur d’Al-Mawasi à Khan Younès, où s’entassent des dizaines de milliers de déplacés, a également été visé par l’armée sioniste. Le Croissant-Rouge palestinien y a annoncé la mort de l’un de ses secouristes, Hassan Hussein Al-Samiri, tué lors d’une mission d’évacuation.
L’armée israélienne a pour sa part justifié ces opérations comme des ripostes à des tirs palestiniens, affirmant avoir ciblé et « neutralisé » plusieurs combattants de haut rang, dont Bilal Abou Assi, présenté comme le chef du commando ayant attaqué le kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023, ainsi qu’un commandant du Jihad islamique et un responsable du Hamas. L’état-major israélien assure avoir pris des mesures « afin de limiter autant que possible les dommages aux civils».
Cette flambée de violence intervient dans un contexte de trêve extrêmement précaire, marquée par de fortes pressions diplomatiques, notamment américaines. La timide réouverture lundi dernier, du poste de Rafah, seul accès au monde extérieur pour l’enclave palestinienne assiégée, avait pu laisser entrevoir une fine lueur d’espoir. Elle ne permet pour l’instant, qu’un transit humanitaire très restreint, loin de l’afflux massif d’aide réclamé par les organisations onusiennes.
Ces frappes meurtrières, qui font suite à une journée ayant coûté la vie à trente-deux personnes le 31 janvier, rappellent de manière cruelle que le spectre d’une reprise des hostilités à grande échelle, plane toujours sur un territoire déjà ravagé par des mois de conflit et de destruction massive.

