L’Iran et les États-Unis ouvrent à Oman une nouvelle séquence diplomatique à haut risque, dans un climat de tensions extrêmes. Téhéran entend cantonner strictement les discussions à son programme nucléaire, tandis que Washington maintient une pression maximale, n’excluant pas le recours à la force en cas d’échec des négociations.
Conduits par Steve Witkoff, émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, et par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ces pourparlers sont les premiers depuis les frappes américaines de juin dernier sur des installations nucléaires iraniennes. Ces attaques s’inscrivaient dans la « guerre des 12 jours », déclenchée par une offensive israélienne contre l’Iran. Les discussions interviennent également dans le sillage d’une répression d’une violence inédite menée par le pouvoir iranien contre un vaste mouvement de contestation populaire début janvier, qui aurait fait plusieurs milliers de morts.
Affaiblie, la République islamique arrive à la table des négociations dans une position délicate. Aux bombardements israéliens et américains s’ajoutent la chute de son allié syrien Bachar el-Assad et l’effondrement militaire du Hezbollah libanais. Sur le plan intérieur, le régime est fragilisé par une contestation persistante, à laquelle il a répondu par la force, accentuant son isolement régional et international.
Face à lui, les États-Unis de Donald Trump ont déployé des moyens militaires considérables dans la région et formulent des exigences jugées radicales par Téhéran. Washington réclame l’arrêt total de l’enrichissement de l’uranium sur le sol iranien et le transfert à l’étranger des stocks existants. Des demandes que l’Iran rejette catégoriquement. Les États-Unis souhaitent également inclure le programme balistique iranien dans les discussions, en limitant la production et la portée des missiles, un sujet considéré comme particulièrement sensible par les dirigeants iraniens.
Enfin, l’administration américaine entend aborder le soutien de Téhéran à ses alliés régionaux, du Hezbollah aux Houthis en passant par les milices irakiennes. Un élargissement du champ des négociations auquel l’Iran s’oppose fermement, alimentant les craintes d’une escalade militaire, qu’il s’agisse d’une frappe américaine ou d’une riposte iranienne visant des bases américaines ou Israël.

