Les bureaux des services de renseignement à Séoul perquisitionnés après un survol de drone en Corée du Nord

Les autorités sud-coréennes ont procédé mardi à des perquisitions au siège du commandement du Renseignement militaire et du Service national de renseignement (NIS) à Séoul, dans le cadre d’une enquête sensible portant sur le survol d’un drone au-dessus du territoire nord-coréen en janvier dernier. 

Cette opération marque une étape majeure dans une affaire aux implications militaires et politiques lourdes, sur fond de tensions persistantes entre Séoul et Pyongyang.

Début janvier, la Corée du Nord avait affirmé avoir abattu un drone sud-coréen près de Kaesong, une ville située à proximité immédiate de la frontière entre les deux Corées. 

Pyongyang avait alors publié, via son agence officielle KCNA, des images présentées comme les débris de l’appareil sud-coréen et évoqué un précédent survol observé en septembre près de Paju, côté sud-coréen. La puissante Kim Yo-jong, sœur du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, avait exigé de Séoul une «explication détaillée», dénonçant une violation grave de la souveraineté et de l’espace aérien nord-coréen.

Dans un premier temps, les autorités sud-coréennes avaient nié toute implication gouvernementale ou militaire dans cet incident, suggérant une possible action de civils. 

Toutefois, un groupe de travail conjoint armée-police a annoncé mardi enquêter désormais sur trois soldats et un employé des services de renseignement sud-coréens soupçonnés d’être liés à  cet incident. Au total, dix-huit sites ont été perquisitionnés, dont ceux des deux principales institutions du renseignement sud-coréen.

Trois civils ont également été inculpés. L’un d’eux avait publiquement revendiqué le vol du drone, affirmant avoir voulu mesurer les niveaux de radiation et de métaux lourds autour de l’usine d’uranium nord-coréenne de Pyongsan.

Cette affaire ravive les débats sur les pratiques du précédent pouvoir sous le mandat de l’ancien président, Yoon Suk-yeol, destitué en avril dernier, après sa tentative avortée d’imposer la loi martiale en décembre 2024 dans le pays. Il est actuellement jugé pour avoir ordonné des survols de drones et des opérations de propagande visant à provoquer une réaction militaire nord-coréenne et encourt la peine capitale.

Depuis son arrivée au pouvoir en juin 2025, le nouveau président sud-coréen, Lee Jae-myung s’efforce d’apaiser les tensions avec Pyongyang, multipliant les gestes de désescalade envers le régime nord-coréen, un choix délicat, alors que les incidents aériens et les opérations de propagande ont marqué ces dernières années une relation intercoréenne toujours fragile.