Poursuite au Venezuela de la libération de prisonniers politiques et la diaspora invitée à revenir au pays

Les autorités vénézuéliennes ont poursuivi, lundi, la libération de prisonniers politiques, quelques jours après la promulgation d’une loi d’amnistie présentée comme un geste d’apaisement dans un climat de fortes tensions diplomatiques. 

La présidente par intérim, Delcy Rodríguez a assuré que les Vénézuéliens contraints à l’exil seraient «accueillis les bras ouverts», évoquant un «processus de guérison» pour un pays profondément marqué par la crise.

Adoptée le 19 février sous pression américaine, la loi d’amnistie suscite toutefois de vives réserves parmi les organisations de défense des droits humains. 

Plusieurs experts estiment que le texte demeure restrictif, excluant en théorie des centaines de détenus, notamment des militaires accusés de terrorisme ou de complot. Pourtant, parmi les personnes libérées dimanche et lundi figurent justement plusieurs membres des forces armées.

Selon le président du Parlement, 1.500 demandes d’amnistie ont été déposées devant les tribunaux depuis l’entrée en vigueur du texte. L’ONG Foro Penal, spécialisée dans la défense des prisonniers politiques, indique qu’une centaine de détenus ont été libérés depuis sa promulgation, tandis qu’environ 500 avaient déjà recouvré la liberté auparavant.

Devant certaines prisons, des proches campaient depuis le 8 janvier, date des premières promesses de libération. Des détenus récemment libérés ont affirmé que de nombreux prisonniers politiques poursuivaient une grève de la faim. Parmi eux figure le gendarme argentin Nahuel Gallo, arrêté alors qu’il rendait visite à son épouse, une affaire qui a suscité une forte médiatisation.

Sur le plan diplomatique, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères a réclamé devant l’ONU la « libération immédiate » par Washington de l’ex-président Nicolás Maduro. 

Dans le même temps, le gouvernement a annoncé la transformation de l’Hélicoïde, prison emblématique des détentions arbitraires, et procédé à des ajustements au sein de l’exécutif, dont l’éviction de Camilla Fabri, épouse d’Alex Saab, un proche de l’ancien pouvoir qui avait été échangé en 2023, contre dix Américains détenus au Venezuela, après son extradition vers les États-Unis.