Berlin alerte sur l’impact majeur de la guerre en Iran sur l’Afrique

Le chancelier allemand, Friedrich Merz a alerté mardi à Berlin, sur les répercussions disproportionnées de la guerre en Iran sur le continent africain, estimant que ses effets dépassent largement ceux ressentis en Europe.

Lors d’un point de presse conjoint avec le président de la Commission de l’Union Africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf en visite en Allemagne, Friedrich Merz a souligné que les perturbations géopolitiques au Moyen-Orient fragilisent directement les économies africaines, déjà vulnérables.

Selon Merz, la destruction d’infrastructures énergétiques stratégiques dans les États du Golfe par le régime iranien a des conséquences immédiates sur les chaînes d’approvisionnement énergétiques, notamment en pétrole et en carburant, dont de nombreux pays africains dépendent fortement. À cela s’ajoute l’impact sur la production et l’exportation d’intrants agricoles, en particulier les engrais, essentiels pour soutenir les rendements agricoles sur le continent.

Le chancelier allemand a mis en garde contre une série de crises imminentes : «L’inflation se profile. Des pertes de récoltes se profilent. Des pénuries alimentaires se profilent», relevant un risque systémique pour la sécurité alimentaire en Afrique. Les liens commerciaux étroits entre plusieurs pays africains et le Moyen-Orient amplifient ces effets, rendant la situation particulièrement préoccupante, a-t-il ajouté.

Face à ces défis, Merz a insisté sur la nécessité pour l’Allemagne et l’Europe de renforcer leur soutien aux pays africains, notamment en favorisant leur autonomie énergétique et économique. Il a évoqué des pistes de coopération accrues dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et des infrastructures.

Par ailleurs, à la veille d’une conférence internationale sur le Soudan organisée à Berlin, le chancelier Merz a rappelé l’ampleur de la crise humanitaire dans ce pays, qu’il qualifie de «plus grave de notre époque». Plus de 20 millions de personnes y souffrent de la faim, soit près de la moitié de la population soudanaise.

L’Allemagne, a-t-il affirmé, continuera de soutenir activement les efforts internationaux en faveur d’un cessez-le-feu au Soudan, aux côtés de partenaires tels que les États-Unis et plusieurs pays du Golfe.