Un pétrolier pakistanais chargé de brut émirati, traverse le détroit d’Ormuz malgré le blocus américain

Dans un contexte de fortes tensions géopolitiques, un pétrolier battant pavillon pakistanais a marqué un tournant symbolique en devenant le premier navire transportant du brut à franchir le détroit d’Ormuz depuis l’instauration, en début de semaine, d’un blocus américain.

Le navire, identifié comme le Shalamar, a quitté le Golfe jeudi soir en direction du golfe d’Oman, après avoir chargé près de 450.000 barils de pétrole brut aux Émirats arabes unis, selon les données de suivi maritime. Sa destination finale est annoncée vers Karachi, au Pakistan.

Cet épisode constitue, à ce stade, le premier cas confirmé d’un pétrolier chargé d’or noir quittant la région via le détroit d’Ormuz depuis l’entrée en vigueur des nouvelles restrictions américaines. Ces mesures, qui imposent désormais une double autorisation des autorités iraniennes et américaines, accentuent les incertitudes chez les armateurs et compliquent davantage les flux commerciaux à travers ce corridor stratégique.

Parallèlement, les importateurs asiatiques multiplient les stratégies d’adaptation. La Corée du Sud a ainsi annoncé le départ d’un pétrolier transportant du brut saoudien depuis la mer Rouge, signe d’un recours croissant à des itinéraires alternatifs afin de sécuriser l’approvisionnement énergétique.

Depuis les frappes américano-israéliennes entamées le 28 février, le trafic maritime dans le détroit reste extrêmement limité et risqué, avec des niveaux de traversées quotidiennement faibles, malgré une timide reprise ponctuelle le week-end dernier. Plusieurs armateurs continuent d’éviter la zone : selon le Commandement central américain, quatorze navires ont fait demi-tour en l’espace de trois jours.

Bien que quelques superpétroliers aient réussi à franchir le passage ces dernières semaines, la circulation demeure largement entravée. Le cas du Shalamar, qui avait initialement rebroussé chemin avant de finalement traverser, illustre la volatilité et les risques persistants dans cette zone stratégique, alimentant les tensions énergétiques mondiales.