Thaïlande : Le parti vainqueur des législatives exclu de la prochaine coalition gouvernementale

Le parti Pheu Thai a écarté mercredi la formation Move Forward de la coalition chargée de nommer le nouveau chef du gouvernement thaïlandais et son équipe à la suite des législatives du 14 mai dernier. 

Arrivé en tête, le parti Move Forward (MFP) a refusé d’abandonner son projet de modifier la disposition légale relative au crime de lèse-majesté comme exigé par la coalition. 

Le parti Pheu Thai doit à présent constituer une nouvelle coalition gouvernementale avec les sept autres formations politiques prodémocratie.

Pour les partisans de Move Forward, il s’agit purement et simplement d’un nouveau putsch. Bien que cette formation politique ait raflé le plus grand nombre de sièges au Parlement thaïlandais, elle a quand même été mise à l’écart par le Pheu Thai, la deuxième force politique du pays et partenaire d’une coalition constituée de huit partis. «La formation du nouveau gouvernement n’inclura pas le MFP », a affirmé devant les médias, le leader de Pheu Thai, Chonlanan Srikaew.

Pour cause, Move Forward a fermement refusé de laisser tomber un de ses principaux engagements électoraux, à savoir celui de modifier le texte sur le crime de lèse-majesté, qui prévoit de sévères peines de réclusion les auteurs de tout outrage au roi.

La nouvelle expulsion du MFP a provoqué le mécontentement de certains de ses partisans, venus protester devant le siège du Pheu Thai. Plus modéré, le secrétaire général de ce parti, Chaitawat Tulanon a annoncé que Move Forward poursuivra sa lutte au sein de l’opposition. «Nous ferons de notre mieux pour conduire la politique thaïlandaise vers une véritable démocratie, un système dans lequel les votes des gens comptent vraiment », a-t-il déclaré devant la presse.