Yémen: Le dirigeant séparatiste al-Zoubaidi chassé pour «haute trahison»

La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a annoncé, mercredi 7 janvier, avoir mené de nouvelles frappes au Yémen, dans un contexte de fortes tensions après la révocation d’Aidarous al-Zoubaidi du Conseil présidentiel. 

Le chef du mouvement séparatiste du sud a été démis de ses fonctions pour «haute trahison» et sera déféré devant le procureur général, selon un communiqué de la présidence, qui l’accuse d’une série de crimes.

Leader du Conseil de transition du Sud (STC), Aidarous al-Zoubaidi milite pour la reconstitution d’un État indépendant dans le Sud du pays, région qui formait jusqu’en 1990, la République démocratique et populaire du Yémen. Début décembre, ses forces s’étaient emparées de vastes territoires avant d’être repoussées début janvier par des factions pro-gouvernementales soutenues par l’aviation saoudienne.

Alors que Riyad avait invité les deux camps à un dialogue de paix dans la capitale saoudienne, la coalition a affirmé dans un communiqué que le chef séparatiste avait «fui vers un lieu inconnu» et n’avait pas embarqué pour les pourparlers. 

Dans la nuit de mardi à mercredi, elle dit avoir reçu des informations sur le déploiement par le STC, d’importants moyens militaires vers la province de Dhale, dans le sud-ouest du Yémen. La coalition assure avoir mené, à l’aube, des « frappes préventives limitées » afin de neutraliser ces forces et d’empêcher une « escalade » à Aden, capitale provisoire du gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Les séparatistes ont toutefois démenti la fuite de leur dirigeant, affirmant qu’il «continue d’exercer ses fonctions depuis Aden». Ils disent en revanche avoir perdu le contact avec leur délégation arrivée à Riyad et demandent aux autorités saoudiennes de garantir sa sécurité.

Le Yémen demeure enlisé dans un conflit dévastateur depuis la prise de Sanaa par les rebelles houthis en 2014. L’année suivante, l’Arabie saoudite avait pris la tête d’une coalition internationale pour soutenir le gouvernement face aux insurgés appuyés par l’Iran. Les dernières évolutions au sein du camp anti-houthis exposent plus que jamais ses divisions internes.