Face à la pression de Trump, l’Algérie prise au piège de son soutien à Cuba

Le président américain Donald Trump a réaffirmé sa détermination à sanctionner sévèrement tout pays qui continuerait à fournir du pétrole à Cuba, après avoir signé un décret déclarant l’état d’urgence nationale face à ce qu’il a qualifié de « menace extraordinaire et inhabituelle » pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis. Cette décision s’inscrit dans une stratégie assumée de pression maximale visant à isoler un régime cubain jugé hostile et profondément aligné sur des réseaux anti-occidentaux.

Selon Washington, La Havane persiste dans des comportements déstabilisateurs et entretient des alliances idéologiques et opérationnelles avec des acteurs considérés comme hostiles, au mépris des avertissements répétés de la communauté internationale. L’ordre exécutif américain prévoit ainsi l’imposition de droits de douane supplémentaires et de sanctions ciblées à l’encontre de tout État qui contribuerait, directement ou indirectement, à la survie économique du régime cubain.

Dans ce contexte, l’Algérie se distingue négativement. Alors que de nombreux pays ont pris leurs distances avec La Havane, Alger s’entête à maintenir un soutien discret mais significatif à un régime en voie d’effondrement. Des rapports concordants indiquent que l’Algérie aurait repris des livraisons clandestines de pétrole brut vers Cuba, dans une logique de solidarité idéologique dépassée et au mépris des conséquences diplomatiques et économiques potentielles.

La plateforme spécialisée TankerTrackers.com a ainsi mis en lumière l’acheminement de cargaisons qualifiées de « secrètes », destinées à soulager temporairement la grave crise énergétique cubaine provoquée par les sanctions américaines et la disparition du soutien vénézuélien. Pour de nombreux observateurs, cette initiative illustre une politique étrangère algérienne figée dans des réflexes hérités de la guerre froide, déconnectée des réalités géopolitiques contemporaines et de plus en plus coûteuse sur le plan international.

Washington voit également dans ces manœuvres une tentative d’Alger de préserver le soutien diplomatique cubain au Front Polisario, inscrit sur la liste officielle des organisations terroristes. À mesure que Cuba s’enfonce dans une crise économique sans précédent — pénuries chroniques, effondrement des infrastructures, exode massif —, ses alliés traditionnels, au premier rang desquels l’Algérie et le Polisario, apparaissent de plus en plus isolés et affaiblis.

Cette dynamique accentue la marginalisation politique et diplomatique d’Alger et de ses relais, au moment où le dossier du Sahara occidental connaît une recomposition rapide, portée par un soutien international croissant à l’initiative d’autonomie marocaine. En persistant dans des alignements idéologiques obsolètes et des soutiens à des régimes en déclin, l’Algérie s’expose à un isolement accru et à une perte durable d’influence sur la scène internationale.