Libye : Saïf al-Islam Kadhafi assassiné par des hommes armés à Zintan

Saïf al-Islam Kadhafi, un des fils du défunt leader libyen, Mouammar Kadhafi, a été tué mardi soir à son domicile à Zintan, dans l’Ouest de la Libye, dans ce que des proches décrivent comme une attaque ciblée, précisant que quatre hommes armés et encagoulés ont pris d’assaut la résidence de Kadhafi fils, 53 ans, avant de l’abattre. 

La mort de Saïf al-Islam a été confirmée par son avocat, Khaled al-Zaidi, qui a annoncé la nouvelle dans un message sur Facebook sans fournir d’autres détails sur les circonstances et les mobiles de ce meurtre.

Abdullah Othman Abdurrahim, qui représentait Kadhafi dans les pourparlers politiques sous l’égide de l’ONU visant à restaurer la paix en Libye, a également confirmé l’information, qualifiant les circonstances d’«apparent assassinat».

Un communiqué émanant de l’équipe politique de Saïf al-Islam a expliqué que les assaillants avaient désactivé les systèmes de vidéosurveillance avant de forcer la porte d’accès à la maison. Il a qualifié cette attaque de «lâche et perfide», précisant que la victime aurait essayé en vain, de se défendre.

Né à Tripoli en 1972, Saïf al-Islam Kadhafi était le fils cadet du défunt colonel Mouammar Kadhafi et avait étudié à la London School of Economics, où il avait obtenu un doctorat. Longtemps présenté comme le visage « réformateur » et potentiel successeur de son père à la tête de la Libye, il reste une figure controversée dans ce pays nord africain, marqué par des divisions politiques, tribales et militaires profondes qui ont suivi la chute du colonel Kadhafi et son assassinat en 2011.

Capturé à Zintan alors qu’il tentait de fuir vers le Niger après le soulèvement soutenu par l’OTAN, Saïf al-Islam avait été libéré en 2017 après une amnistie de l’un des gouvernements rivaux. Il était depuis lors basé dans la ville de Zintan.

Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes contre l’humanité et condamné à mort par contumace par un tribunal libyen en 2015, Saïf al-Islam avait tenté en 2021 de se présenter à l’élection présidentielle, candidature jugée contestée dans un pays toujours marqué par la rivalité des factions tribales armées et l’absence d’institutions stables.