La Russie évoque des progrès dans les pourparlers avec l’Ukraine à Abou Dhabi

Une lueur de progression filtre, prudemment, des pourparlers secrets qui se tiennent depuis deux jours à Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis. 

La Russie a fait état ce jeudi 5 février, d’«avancées» dans ces discussions inédites réunissant les délégations ukrainienne et russe, sous médiation active des Etats-Unis, l’objectif affiché étant d’explorer des pistes pour mettre fin à un conflit armé entrant dans sa quatrième année.

«Il y a sans aucun doute des progrès», a déclaré aux médias, Kirill Dmitriev, émissaire du Kremlin pour les questions économiques, à l’ouverture d’une deuxième journée de pourparlers. Il a en même temps, dénoncé des «instigateurs de la guerre en provenance d’Europe» les nommer et qui cherchaient, selon lui, à «entraver ce processus», sans toutefois. Cette accusation reflète l’atmosphère de défiance persistante entourant ces échanges.

Du côté ukrainien, le ton est mesuré mais pragmatique. Le négociateur ukrainien, Roustem Oumerov a confirmé la reprise des discussions «dans le même format» que la veille, décrivant des travaux organisés autour de consultations trilatérales et de groupes de travail thématiques. Il a qualifié les échanges de «substantiels et productifs», axés sur «des mesures concrètes et des solutions pratiques». 

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky a quant à lui, laissé entrevoir un possible nouvel échange de prisonniers «dans un avenir proche», rappelant que ces swaps constituent à ce jour, la principale concrétisation des rares dialogues directs passés, comme ceux tenus en Turquie l’an dernier.

Cette avancée diplomatique reste néanmoins encadré par des positions diamétralement opposées et des menaces réitérées. Mercredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a réaffirmé que «l’opération militaire spéciale» autrement dit l’invasion russe, se poursuivrait «tant que le régime de Kiev n’aura pas pris la décision appropriée», c’est-à-dire d’accepter les conditions de Moscou et les revendications territoriales russes.

Si les discussions d’Abou Dhabi marquent une reprise notable du dialogue, aucun accord formel n’a jusqu’à présent émergé de ces débats. Ces pourparlers illustrent le difficile équilibre entre l’impératif de trouver une issue diplomatique et la réalité d’un champ de bataille où les armes continuent de parler.